‹ L'empire libéralChapitre 63 sur 99 · ËDuOiNo About, Causeries politiques · texte numérisé non relu

ËDuOiNo About, Causeries politiques

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républicaine George Sand exprimait bien haut son ardente satisfaction.

Le Times, après avoir raconté les divers incidents et revirements de la formation du nouveau ministère, ajoutait : « Il est difficile d'imaginer comment la réconciliation entre le fondateur du pouvoir personnel et les champions des principes libéraux les plus sages pourrait être plus sincère, plus complète. Avoir la manière dont TEmpereur remplit ses promesses, nous reconnaissons chez lui le désir marqué que ses actes dépassent ses paroles. Un changement radical est intervenu. »

Quelques écrivains, les uns en s'en réjouissant, les autres en le regrettant, essayaient d'amoindrir mon importance. « M. Ollivier a été joué », disait la Marseillaise, — « Au lieu d'un ministère Ollivier, disait Guéroult, nous avons un ministère Daru-Buffet, dans lequel on a laissé à Emile Ollivier un poste très honorable, mais peu influent par lui-même. »

Toutefois, le public, ne s'arrêtant pas à ces ergoteries, me considérait comme le véritable chef du Cabinet et sa personnification. Aussi les témoignages d'adhésion très chaleureux m'arrivaient-ils de tous côtés : Mistral m'envoyait « les applaudissements et les souhaits de la Provence ».

Le duc de Mouchy : « Quel excellent ministère 1 recevez mes compliments et mes vœux. Maintenant nous allons vous suivre et vous soutenir avec enthousiasme. Croyez-moi votre

JUGEMENT SUR LE MINISTÈRE. 33a

affectionné (3 janvier 1870)« » — Mon ami Alfred Mézières : « Personne en France, vous le

savez, n a suivi avec plus d intérêt, avec plus de sympalhie réelle, quelquefois même, je dois le dire, avec plus d^inquiétude que moi votre carrière politique depuis 1863. Je ne vous ai jamais flatté. Mais je n'ai jamais douté de Télé-^ vation de vos sentiments ni de la noblesse de votre ambition. Vous n'avez voulu qu'une chose — et je vous ai toujours rendu publiquement ce témoignage — restituer à la France la liberté. Aujourd'hui nous l'avons. Grâce à vous le pouvoir personnel a définitivement capitulé. Soyez sûr qu'à partir de ce moment, à Paris et en province, toute une jeunesse active, intelligente, éclairée, qui se tenait à l'écart et en défiance, va se grouper autour de vous, autour de MM. Daru et Bullet, dont le concours double votre force. Le pays voudra*t-il plus tard autre chose ? Je n'en sais rien et ne m'en inquiète pas. La grande ailaii e [c'est qu'il n'y ait plus jamais que des révolutions pacifiques. Vous venez de montrer que les plus importantes pouvaient s'accomplir légalement sans une goutte de sang versé, sans une violence. C'est pour cela que tout bon citoyen vous doit des remerciements. Je ne vous connaîtrais pas, je ne vous aimerais pas, que j'éprouverais encore le besoin de vous crier que vous avez bien mérité de la patrie. » (4 janvier! 870.)

Bonjean : « Nul ne se réjouit plus que moi de voir confiée à un si beau talent et à un si noble

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caractère la tâche diiticile, mais glorieuse entre toutes, de concilier FCmpire et la liberté; et

je m'estimerais heureux de pouvoir seconder, même de loin, cette patriotique entreprise. » (8 janvier.)

Chesuelong : « Du fond de ma province, je vous adresse un applaudissement patriotique en attendant qu'il me soit donné devons apporter un humble et sympathique concours. J'appelais de tous mes vœux l'alliance des deux centres dans ce ministère et dans la Chambre. Au poiut de vue du pays, comme au poiut de vue parlementaire, c'est une union féconde pour raffermissement de l'Empire comme pour le progrès de nos libertés. Votre courage, votre talent, votre générosité d'âme, vous avaient dé* signé pour le grand rôle qui vous attend et que vous venez d'inaugurer sous les meilleurs auspices. C'est une ère nouvelle qui commence; je la salue de mes espérances. Vous avez eu la gloire d'en être le promoteur; vous aurez celle d'en faire sortir tous les grands résultats d'ordre moral et social, de stabilité politique et de liberté sagement progressive que le pays en attend. » (4 janvier 1870.)

Trochu: « Vous voilà garde des Sceaux, dans un Cabinet dont l'avènement est accueilli par l'opinion avec une satisfaction très vive, bien près d'être unanime. Ai-je besoin de vous dire que je la partage, d'autant plus sincèrement, que je la souhaitais depuis deux ans et n'y compris guère. »

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L'orléaniste Léonce de Lavergne : a La France vous devra une des plus belles pages de son iiistuire. Mille félicitations enthousiasies. »

Martin Paschoud : « En attendant, et de tout cœur : Vive et profonde joie, sincères félicitations, grandes et légitimes espérances. Bénédictions et amitiés. »

Contre ceux qui me représentaient comme relégué au second plan, et affectaient de ne voir en moi qu'un orateur, Edmond About prenait ma défense : « Le talent oratoire de M. Emile OUivier n'est pas tout l'homme, ni même, selon moi, sa faculté mattresse. Quoiqu'une fraction du public incline à voir en lui le porte-voix du ministère et que ses collègues eux-mêmes témoignent plus d'admiration pour le parleur que de respect pour le penseur, le jeune garde des Sceaux est un esprit de premier ordre. Un peu poète, j'en conviens, et moins fait pour les petites manipulations do la pratique que pour les grandes spéculations de la théorie. C'est un esprit de haut vol et de vaste envergure, sans parti pris, ni rancune, ni ambition personnelle, sincère jusqu'à Findiscrétion, confiant jusqu'à la duperie, modeste jusqu'au sacrifice du rang qui lui est dii; un cœur d'enfant sous une tête d'homme. Chose étrange : il voit très juste, quoique de haut, et saisit admirablement les grandes lignes d'une affaire dont tout le menu lui échappe. 11 a un

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