XIII. — Buffet à Emile Ollivier. — Mon cher
collègue, Je crois utile, pour prévenir tout malentendu, do préciser en les résumant, les observations que je vous ai soumises hier à la suite de la proposition que vous avez été autorisé à me faire. Personne ne désire plus sincèrement, plus vivement (jue moi le succès de la f riuisfuriiuiUon ilu régime impérial, si bien inaugurée par le décret du 24 novembre, continuée par les actes du 19 janvier, auxquels vous avez eu une grande part, et très avancée, sinon complétée, dans le duiuaiue du droit constitutionnel, par le sénatus-eon suite du 8 septembre dernier. Je serais donc prêt à mettre tout mon dévouement au service de cette.grande et patriotique entreprise. Mais je suis convaincu que, dans rintérêt commun de l'Empereur et du pays, il est indispensable qu'un nouveau ministère, s'il est constitué, ait non seulement par son programme, mais plus encore, s^il est possible, par son origine et sa composition, un cai*actère extrêmement net et une signiiication bien précise. 11 faut que le jour où il paraîtra au Journal Officiel et avant même, en quelque sorte, qu'il ait parlé, chacun se dise : Maintenant nous voyons clairement ce que l'on veut et où l'on va; il n'y a ni ambiguilé, ni contra diction. C'est à celte condition seulement que le ministère
ÉCLAIHClSiSEMBNTS.
aurait des chances sérieuses île surmonter les difficultés de sa tâche. Je ne suis pas un esprit absolu et systématique. Je suis autant que qui que ce soit disposé à raconnaître que, dans bien des circonstances, l'on jx'ut et Ton doit se contenter d'à [>eu près et apporter, dans la gestion des ail aires et dans les questions de personnes, un esprit de transaction et de conciliation qui est le véritable esprit pratique. Mais nous ne sommes pas dans des circonstances ordinaires. Le mal profond dont soutire le pays est, suivant moi, l'incertitude; Tincertilude résultant à la fois de ce que la direction politique peut être brusquement chang('»e par une révolution inipiévue et de ce que certaines contradictions, an moins apparentes, entre les choses et les hommes, donnent souvent lieu de se demander si Ton est bien décidé à marcher dans la voie où Ton paraît entrer. Tous les intérêts sont gravement aHectés par cette incertitnde qui les prive de la condition la plus essentielle de leur développement. Le malaise, l'anxiété que produit cet état de choses sont une cause très active de désaffection. Le gouvernement perd ainsi raii(orit('' inorale qui lui serait si nécessaire. C'est à ce mal qu'il faut avant tout porter remède, et on ne peut, selon moi, le guérir aujourd'hui que par une extrême netteté, je dirais volontiers, par une exagération de netteté dans les programmes et plus encore dans les hommes et dans l(\s actes. C'est là, soyez-en convaincu, le point essentieL Dans la formation d'un nouveau ministère, tont devrait être suljor(lonn('' à celle considération (luniinanle et presqne exclusive.
Le ministère devrait donc, ainsi que vous me l'avez dit vous-même très jnstem.ent, avoir un programme bi^n arrêté qui serait sa charte-vérité. Sur
L ËMPIRK UBËHAL.
le programme, il serait, je crois, presque facile de s'entendre, car il est, au moins dans ses partie
principales, tracé pour ainsi dire par le pays. On le trouve, à cette heure, écrit partout (hins dos termes à peu près identiques. Malgré quelques voix discordantes et très tapageuses, Topinion publique a été rarement moins partagée. La France n'a jamais été plus déciiU'iueiit centre gauche. Li* programme que vous m'avez lu, autant que j ai pu en juger à la simple audition, sans être absolument celui que j'aurais moi-même proposé, s'en rapproche assez néanmoins pour me laisser espérer que nous arriverions sans trop de peine à une rédaction conuaune. Mais le meilleur programme, les réformes le plus sagement combinées seront, pour rallier Topinion et agir sur elle; aussi impuissantes que Tont été les réformes déjà accomplies et dout plusieurs cependant sont excellentes, si le ministère qui les présmtera ne parait pas en être, sans doute possible, ie commentaire vivant et la garantie certiiine, s il n'y a pas entre ce progràmme et 1(^ caractère indiscutable de ce ministère une harmonie complète. Aujourd'hui la moindre fausse note, la plus légère dissonance compromettrait tout. Le caractère nettement accusé du ministère est donc aussi important, on pourrait dire même plus important que le programme.
Si j'insiste sur la nécessité de la parfaite homogénéité du ministère, ce n'est pas, cro3rezJe bien, par fétichisme parlementaire, Un cabiml mixte, composé d'éléments divers, même un peu hétérogènes, est quelquefois parfaitement approprié à certaines situations. Il ne le serait pas du tout à la situation actuelle. On pourrait, sans craindre d'être démenti par révénement, lui prédire Je sort du
ÉCLAlKCISSEMfiNTS.
ministère Martignac. Mais rhomogénéité ne suffirait pas encore au succès de lu mission qu'accepterait le nouveau Cabinet; il faudrait, en outre, que le pays pût prendre confiance dans sa force et sa durée. Cette dernière condition est, je le reconnais, bien difficile à remplir aujourd'hui. Un ministère n'est et ne paraît être solidement établi ([ue si la majorité lui donne un concours exclusif, c'e&t-àdire un concours qfu'eUe refuserait à une autre administration. Or, dans le cas où le ministère serait constitué avant la réunion du Corps législatif devant lequel le ministère actuel ne comparaîtrait pas, et s'il obtenait ensuite un vote de confiance, le public ne serait-il pas porté à croire que ce même vote n'aurait pas été refusé à la précédente administration et ne le serait pas davantage à une combinaison ultérieure et plus ou moins différente? Un appui réputé, à tort sans doute, mais enfin réputé banal, ne peut donner de force réelle à aucune politique. Nous uen serions pas là si le malencontreux système des candidatures officieiies avait été abandonné, lors des dernières élections. Noua aurions aujourd'hui dans la Chambre une inmiense majorité dynastique, conservatrice, libéiale, investie d une autorité morale indispensable et la communiquant au ministère qu'elle aurait soutenu. Mais le fait étant accompli, comment en atténuer au moins les regrettables conséquences? Je n'oserais pas, poui' ma part, conseiller, e7i ce iiioment^ la dissolution de la Chambre. Le pays saurait je erois, peu de gré aux hommes qui, sans une nécessité bien constatée, le jetteraient dans une nouvelle crise électorale aussi rapprochée de la dernière. Ce moyen étant écarté, au moins quant à présent, le seul antre moyen que j'aperçoive pour relever le
créilit de la Chambre, crédit indispensable à la force du gouvernement, consisterait à laisser à cette Chambre l'occasion de prouver qu'elle a dans son sein une majorité qui ne se prête pas à tout et à tous, qui a une volonté ot une volunté conforme à celle du pays. Cette preuve faite, le concours qu'elle donnerait à un Cabinet nouveau ne sem-
^ blerait plus ni banal ni complaisant. On croirait, dès lors, a la force et à la durée de ce lninist^re. Je ne suis pas bien sûr, je vous Tavoue, que 1 Empereur, malgré tous les sacrifices qu'il a faits avec une sincérité non douteuse pour moi, ne répugne pas encore à une pratique aussi absolue des principes j)arlenieji (aires. Là pourtant, dans iii.i profonde conviction, serait le salut pour lui, pour sa
' dynastie, pour le pays. Ën se tenant à des demimesures dans un moment où Topinion est éveillée et devenue fort exi<i:ean te, l'Empereur aura adopté du régime parlementaire tout ce qui est un moyen d'attaque et de démolition; il se sera privé de ce qui est, dans ce régime, non pas seulement une défense, un bouclier, mais un élément de force et
de stabilité.
J'imagine qu'il est arrêté par la crainte naturelle, peut-être, mais, à coup sûr, mal fondée, de n'avoir plus ainsi qu'un rôle tellement amoindri quesadignib' i)l son prestifje en recevraient une atteinte irréparable. C'est pourtant le contraire qui est vrai. Pendant bien longtemps encore, hélas ! le fonctionnement du gouvernement constitutionnel rencontrera chez nous, dans l'inexpérience du pays et des Chambres elles-mêmes, des oi)stacies qui ne pourraient être ai)lanis que par le concours éclairé et bienveillant de la Couronne. Si l'Empereur veut être la facilité et non la difficulté de la mise en
ÉCLAIRCISSEMENTS
œii\Te de ce système de gomcrneTnenl, il aurn un rôle bien digne, poi* sa grandeur et ses salutaires effets, de lui et de son nom. Quelle ne serait pas la gloire d'un prince qui, après avoir signé le traité de Paris, après avoir donné une si puissante impulsion aux travaux féconds de la paix, aurait travaillé dans la seconde moitié de son règne et réussi à acclimater enfip chez nous un régime qui mettrait désormais le pays à Tabri des hasards et des surprises. Mais, je vous le répèle, si, au lieu d'entrer résolument dans cette voie, on a recours è. quelque combinaison sans caractère bien déterminé, je crains que Ton n'aboutisse qu'à user des hoiunics et à gaspiller ^ans beaucoup de profit, des ressources précieuses.
Toutefois, en exprimant mon avis sans aucune retenue, je ne voudrais pas décourager vos efforts dont j'apprécie, croyez-le bien, la loyauté et le parfait dr»sintéresseuient. 11 est possible (}iie je me méprenne sur les nécessités du moment actuel, il est possible qu'un ministère, qui ne serait pas constitué absolument dans les conditions que j'indique et qui ne sont peut-être pas réalisables aujourd'hui, rende cependant au pays de réels services et lui procure de précieuses garanties. Je soutiendrais bien volontiers, comme député et dans la mesure tic mes forces, ce ministère -là, mais je ne pourrais en faire partie, non par une prudence timide et égoïste, mais parce qu'il me parait indispensable, pour supporter les rudes labeurs de la vie ministérielle, d'avoir une foi entière dans ce que l'on entreprend.
Croyez bien, mon cher collègue, à mes sentiments dévoués et affectueux. L. Buffei- (Paris le 19 novembre 1869).
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XIV. — Ferdinand Barrot à Ernest JJaudei. — Mon cher monsieur Daudet* Merci de vos nouyelles si précises qui me donnent la clé des rumeurs
de la presse. Ollivier, sïl tient fcnue à son système, se montrera homme politique et inaugurera dignement et utilement le régime nouveau. J'ai une très grande confiance en lui et je le crois» plus que quelque homme que ce soit de ce temps, en état d'être premier ministre. Mais il devra s'eiih)urer ^ de gens jeunes, actifs, intelligents, honnêtes, qui feront avec lui cette même besogne qui est essentielle parce qu'elle touche à tous les détails de la vie sociale. Je trouve la personnalité de votre ami si pr( f"ieuse pour notre salut, que je voudrais qu'elle fût préservée de toute malencmitre.
XV. — Le Play à Émile Ollivier. — Mon cher monsieur, Au moment où vous prenez la tâche d'accomplir les réformes que nous attendons en Tain depuis 4789, nous n'aurons plus à causer de ces réformes. Mais je tiens à vous exprimer les vœux bien ardents que je forme pour le succès des vrais principes de gouvernement, Tespoir que me donnent le talent et le courage que vous avez montrés devant ces foules égarées qui méprisent chez nous tout ce que respectent les peuples li lires et prospères. Puissiez-vous triompher des passions et des erreurs encore plus redoutables, qui régnent souverainement dans les classes plus élevées, de lintolérance actuelle des Français ilief. soc. t. III, p. 256) de la funeste influence de la bureaucratie (idem,... p. 303). Apr^s avoir changé les formes et les mécanismes qui, depuis deux siècles, rendent rÉtat oppresseur, puissiez-voiis restaurer les idées, les sentiments et les institutions qui rendent si fé-
ÉCLAIRCISSEMENTS
condes, chez nos émules, la vie privée et la vie locale ! Je mets la dernière main à un ouvrage,
rorgaiiisiition du travail, ciui résume la pratique actuelle des peuples prospères : le temps de lire est passé pour vous ; mais vous trouverez peut-être quelque utilité à vous en faire rendre compte par quol(|iio personne ayant votre confiance. Sentiments bien affectueux. Le Play (25 décembre 1869).
XWl.—LeUres d' Odilon BarroL — Janvier 1870. Lundi. Permettez-moi de vous adresser mes
remerciements pour la promotion faite h mon neveu P. Fabre à la magistrature émiueiile de procureur général à la Cour de Cassation. J'espère qu'il ne sera pas au-dessous de sa tâche.
11 janvier. Je déplore Févénement de ce matin, il y H là une suite de fatalités. Vous avez bien fait d'ordonner de suite Parrestaiion du meurtrier. Ne vous laissez pas décourager par ces incidents ils ne changent rien aux nécessités de la situation. Courage donc et ( oiiliauce, et croyez à mes sentiments profondément dévoués et sympathiques.
XVIL — Du cardinal Downei à Emile Ollivier.
— (Bordeaux, le 12 janvier 1870). Monsieur le Garde des Sceaux. J'ai voulu vous donner le temps de respirer avant de vous dire la satisfaction bien sentie que m'a fait éprouver votre nomination au ministère de la Justice et des Cultes. Yotfe Excellence avait été comprise par moi depuis longtem |>-, souvent même devinée. Si jamais je puis lui èlie boa à quelque chose, je me mets à sa disposition ; j'ai trente-cinq ans d'épiscopat, voir beaucoup, observer l)eaucoup, c'est faire provision de tolérance, je suis comme vous eufanl du Midi, mon berceau a été
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placé sur los bords du Rhône entre Vienne et Valence, iiuii> >ur la i-ivc droite. Mes premières années se sont écoulées à Lyon et dans le voisinage oi mon apprentissage de l'épiscopat s'est fait à Nancy où j ai connu bien intimement la famille Ghevandier de \'al(ln>nie (|ui vous a doniK'^ un collègue dont j'ai coust'rvé un t(»ndre souvenir. Ma convalescence marchant grand train, j'espère pouvoir me rendre au Concile pour le milieu de février. Agréez, monsieur le Garde des Sceaux, l'assurance de TTia haute et res|K'clu(»usr consid('ratii>n. — Vrvuaud, cardaial Doknët^ archevêque de Bordeaux, sénateur.
Wlll. M'' Freppel a Émilc OUivier, Home, 20 janvier 1870. Monsieur le Ministre. Permettez à révoque nommé d'Angers de vous féliciter ou plutôt de féliciter le clergé français de votre élévation à une charge ([ui vous mettra en rii|HM)rt eonstaii! et suivi avec les meuil)r('s d<' répiscopal. Les rares occasions où j ai eu la bonne fortune d'échanger quelques paroles avec Votre Excellence ont suffi pour me prouver que TÉglise pouvait compter pleinement sur votre esprit de justice v\ sur votre haute inl('lli«(ence des besoins religieux et moraux de noti*e temps. Aussi u'ai-jo pas été surpris de voir avec quelle siireté et quelle largesse de vues vous avez abordé^ dès votre entrée au Ministère, le problriiie si difficile de l'union de la liberté avec Tautorité. 11 n'y a qu'une voix à Rome pour rendre hommage au calme et à la fermeté que vous déployez dans les circonstances délicates où nous sommes. (îar les graves préoccupations du (^«Micile lie sauraient défoiiruer nos '^jreguids du pays où nous avons laissé nos
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plus chères ospéraiices et nos meilleures affections. Il est imp«>s^i hic (jtie tant de droiture et d iioiinetetV) politique ne triomphent pas des diflicuités d Une situation nouvelle, et j'applaudis pour ma part à l'heureuse idée qu^a eue TEmperenr d'appeler dans ses conseils des hommes qin savent user. des droits de l'autorité avec tant de modération et appliquer les principes d'une sage liberté avec une voloiîtf' si ferme et si résolue. Certes Fappui moral de l'Eglise ne saurait faire défaut à un ordre de choses où elle trouve les nM^illrurrs j^^aranlies pour le lii)re exercice de son ministère, et le Ciel ne peut manquer de bénir des elt'orts qui tendent à élever le niveau intellectuel et moral d'un peuple.
Daignez agréer, monMmi Ministre, l'honnuage du profond respect avec lequel j'ai l'honneur d'être etc.
XIX. — PmU de Saint-Victor à ÉmUê Ollivier. — Monsieur le Ministre. Votre recoinmaiulation a eu une grande part dans ma nomination ù 1 emploi d'inspecteur des Beaux- Arts, permettez-moi devons en exprimer toute ma reconnaissance et de vous dire combien j'ai (HT* touché de la bienveillance si cordiale et si sympathique que vous m'avez témoignée à cette occasion.
Veuillez agréer, monsieur le Ministre, avec mes remerciements, Thommagc de mes sentiments respectueux. Pall de Saint- Victor.
XX. — AP' Rivet à Emile Oliivier. — Borne. 16 février 1870. — Monsieur le Ministre. Les premiers actes de ce ministère et les paroles si nettes et si précisées de Votre Excellence m'ont rempli d'espérance pour lavenir naguère si compromis.
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Permettez à un vieillard qui n a jamais été le courtifian d'aucun pouvoir de vous adresser ses hum- Jbles félicitations et ses vœux les plus sincèree. Je ne suis pas un politique, mais il me semble que je puis dire que vous avez parfaitement apprécié le mal qui travaillait le pays et minait le pouvoir. Vos premiers actes ont rassuré l'un et raffermi r«itrô. 11 est plus que probable, monsieur le Ministre^ que vous ne verrez jamais celui qui se permet de vous écrire ces lignes, — je ne vais jamais à Paris, — mais veuillez ( roire que personne ne fait plus de vœux pour que Dieu bénisse votre courageux dévouement. Agréez, monsieur le Ministre, riionimage de respect avec lequel j'ai rbonneur d être, etc.
XXI. — Le minisiére Martignac et le ministère du ^ janvier. — On a quelquefois comparé notre ministère à celui de M. de Marti {niac. L'analogie est fallacieuse et sans réalité: tout «Hait différent entre les deux ministères. M. de Martignac avait servi sons M. de Villèie et avait soutenu sa politique, en Espagne en qualité de commissaire civil, h la •Chambre comme député; il avait occupe sous son administraticm les places de conseiller d'État et de directeur général de Fenregistrement. C'était un homme de la maison qui avait Uni par croire qu'il fallail ciiangcr de politique, mais vi'Wo ( onviction ne s était pas manifestée par une lutte avec son patron.
Aucun de nous n'avait été dans cette situation, excepté M. do Paricu, duiit le rôle était eflacv. C'est le ministère Chasdeioup-Laubat et Magne qui peut véritablement être comparé au ministère MariigD'' * ^jleux ministres étaient comme Martignac
ÊCLAIRCISSEMBNTS
des hommes de la maison, qui avaient servi l'Ëmpire
et ne s'étaient présentés comme les partisans de la liberté, lorsque l'opinion s'était tournée de ce côté, qu'après avoir longtemps servi le système opposé. Il y avait une autre différence profonde entre les deux ministères. Le rot Charles X était Fennemi de ses nouveaux minisires. Son premier mot en les accueillant avait été de leur faire l'éloge de M. de Yillèle et de leur dire : » Son système était le mien. » Il le faisait attaquer par certains journaux royalistes ou plutôt, lorsque les rédacteurs de ces feuilles allaient lui demander s'il ne les trouvait pas trop hostiles, il s'écriait: «Non, non, continuez. » Quand M. de Martignac avait parlé : « Ëh bien ! disait Charles X, avez-vous entendu la Pasca? » (Château* briand^ Mthnolres d'onij^e-tombe,)
L'Empereur ISapoiéon ill,au contrairCi était avec ses ministres, il les soutenait, avait confiance en eux, se montrait résolu à pratiquer, sans arrièrepensées, les institutions nouvelles. Supposez qu'après la chute de Martignac, Charles X ait appelé aux atlaires Royer-CoUard, Casimir Perier, et se fût confié loyalement à leurs conseils, vous auriez l'équivalent du ministère du 2 janvier. Ou si vous voulez absolument trouver dans les histoires de la Restauration quelque chose qui doit en donner ridée, reportez'vous au ministère Oecazes et de Serres qui, le 29 octobre 1819, succéda au duo de Richelieu, et qui se soutint, avec la faveur de Louis XVIU, jusqu'à Tassassinat du duc de iierry (13 février 1820).
TABLE \m MATIÈRES