Mort le 18 octobre
térieiire, prise dans une promenade en voiture, remporta le 18 octobre 1865, à près de quatrevingt-un ans. Avec lui disparut un type d'homme d'Etat que l'Angleterre n'a plus retrouvé, car tout en se défendant de la sentimentalité humanitaire de Gladstone et en étant avant tout un fier Anglais, il avait pour son pays un idéal de liberté et de justice dont l'Angleterre n'a guère paru se soucier depuis. Il prétendait ne pas nous détester, et il s'était appliqué avec vigilance à contrarier partout les projets propices à notre grandeur, même lorsque l'Angleterre n'en était pas menacée : ce fut la cause de ses principales erreurs. Il n'en reste pas moins un des plus grands hommes d'État de son siècle, un honneur de la politique et de l'Angleterre.
Russell devint premier ministre : pour nous, cela représentait plus de haine et moins de lumière; mais en compensation, au Foreign-Offîce, nous gagnions Clarendon, esprit modéré, éclairé, homme sympathique, en bonnes relations avec l'Empereur.
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L'Empereur fut informé par l'Archevêque de Paris d'une démarche grave de Rome. Pie IX était très mécontent de l'Archevêque. Le mandement par lequel celui-ci avait expliqué et presque réduit à rien le Syllabus lui avait fort déplu; non seulement les journaux romains ne l'avaient pas reproduit, mais quand notre ambassadeur
LA MORT DE PALMERSTON, 40o
demanda à Antonelli ce qu'on en pensait au Vatican, le sous-secrétaire d'État lui répondit qu'il ne l'avait pas lu, et que d'ailleurs le Saint- Père ne reconnaissait à personne le droit d'interpréter son Syllabus. Le discours du prélat au Sénat en faveur des lois organiques avait fait du mécontentement une véritable irritation. Un dernier incident poussa le Saint-Père à bout.
Aux obsèques du maréchal Magnan, grandmaître de la maçonnerie ^ les francs-maçons accompagnèrent leur Grand-Maître. Après une messe basse auxInvalides,M'''''Darboy fît l'absoute solennelle. On écrivit à Rome que les insignes maçonniques avaient été attachés au catafalque et mis sur le cercueil. L'Archevêque interrogé se défendit par une lettre à Pie IX : « J'affirme n'avoir pas vu ces insignes ; ils n'ont pas été vus non plus par les prêtres qui m'accompagnaient ; plusieurs personnes interrogées à ce sujet n'en ont pas vu davantage. Du reste, si l'on veut dire en quoi consistent ces insignes, je l'ignore complètement, et s'ils étaient placés dans l'église pendant la cérémonie à laquelle j'assistais; je prouverai, par la description des lieux et par des témoignages suffisants, qu'il ne m'était pas possible de les apercevoir". »
A Rome on ne tint nul compte de ces affirmations catégoriques. Pie IX s'expliqua dans les termes les plus vifs avec notre ambassadeur