CHAPITRE XX
LES NÉGOCIATIONS ENTRE L'AUTRICHE, L'ITA- LIE ET LA FRANCE SONT SUSPENDUES. — LETTRES DE NAPOLÉON III, FRANÇOIS-JO- SEPH, VICTOR-EMMANUEL. - COMMENCE- MENTS DU COMPLOT HOHENZOLLERN. — LA MONARCHIE SANS ROI. — BISMARCK ET LE .. FATAL PARLEMENTARISME >. — CONVERSA- TION DU ROI DE PRUSSE ET DE NIGRA A PRO- POS DE LA LIGNE DU MEIN.
La défaite que le régime autoritaire venait d'essuyer dans les élections n'était pas compensée par les bonnes fortunes de la politique extérieure. Les négociations pour une triple alliance entre l'Autriche, la France et l'Italie n'aboutissaient pas. On échangea force dépèches pro memorïa contre memoria. On discuta beaucoup si on se lierait par des lettres entre souverains ou par des traités secrets ou officiels contresignés parles ministres. Je pourrais raconter tout cela en détail mais ce serait long et sans intérêt ; il suffit de constater que, finalement, Rouher et La Valette rédigèrent, en mars 1869, un projet de traité en douze articles qui reposait sur les don-
nées suivantes : On ne cherchait pas à créer de cas de guerre contre la Prusse ni contre qui que ce soit; au contraire on s'alliait pour donner à la paix une assiette plus solide. Le traité, purement défensif dans son intention et dans ses termes, ne deviendrait offensif que si une puissance quelconque menaçait de la guerre les parties contractantes. Cette guerre ne pouvait venir que de la Prusse, si elle voulait déchirer le traité de Prague et appliquer aux Etats du Sud le principe de conquête par lequel elle s'était approprié les duchés de l'Elbe, le Hanovre, Francfort. Cependant, l'éventualité resta sous-entendue quoique présente à l'esprit des contractants, et dans le texte on ne spécifia aucun fait d'où pourrait surgir cette guerre contre laquelle on se prémunissait. Dans le cas de guerre déclarée contre l'une des parties contractantes, les autres parties devraient faire cause commune avec elle, la France et l'Autriche avec toutes leurs forces et à leurs frais, l'Itahe, avec 200000 hommes et moyennant le remboursement de ses dépenses. Au cas de succès, les gains qu'en pourraient retirer la France et l'Autriche demeuraient indéterminés ; au contraire, la part de butin qui serait faite à l'Italie était dès maintenantfixée. D'appétit robuste, elle avait d'abord demandé Nice et le Tyrol ; on ne lui accorda que leïrentin, moyennant une compensation à l'Autriche en Silésie ou ailleurs. L'Italie eut encore voulu le règlement définitif de la question romaine : le traité s'en tenait à l'engagement plus modeste de tra-