Bismarck, Pensées et souvenirs, p
CONCLUSION ET RESUME. o35
fois surla même assertion : « La guerre de 1870-71 était aussi une nécessité; sans avoir battu la France, nous n'aurions pas pu achever tranquillement la formation de l'Empire alleman'd. La France aurait trouvé plus tard des alliés, pour nous en empêchera » Ceci est de première importance pour qui veut bien saisir la raison vraie de la guerre de 1870 et je ne saurais trop y insister : sans la guerre avec la France, la question des États du Sud était insoluble ; ni le Roi, ni Bismarck ne voulaient et ne pouvaient les annexer de force et ils étaient sincères quand ils se défendaient de cette pensée; la résistance des populations se montrait telle qu'il était impossible de prévoir quand elle cesserait. Une diversion était inutile à Napoléon Ili, qui venait de constatera quelles profondeurs les racines de sa dynastie s'enfonçaient dans le sol national, et à ses ministres auxquels suffisait amplement la gloire d'opérer la transformation libérale des institutions de leur pays; au contraire, elle était indispensable à la Prusse : les populations du Sud surmenées, excédées d'un qui-vive militaire non interrompu, demandaient grâce; si la guerre n'éclatait pas, un adoucissement du fardeau militaire allait s'imposer ; un conflit entre la couronne et le Parlement et la nation devenait inévitable et dans des conditions plus difficiles que l'ancien, puisque le suffrage universel était entré en scène. Une victoire sur la France résolvait en un instant