De Chdteaurenard, 9-10 juillet
• LE GUET-APENS HOHEx\ZOLLEKN. 41
beaucoup mieux que par les déclarations du gouvernement anglais, que j'ai reconnu les vraies tendances du peuple de la Grande- Bretagne. Ainsi, quand je dis que la presse est la voix du pays, je veux dire que dans un pays où le peuple a la parole, toutes les opinions réunies représentent la voix de la nation. Eh bien, de même que la voix d'un individu s'accentue fortement lorsque cet individu est en proie à des passions vives, de même la presse d'un pays s'accentue dès que les passions de ce pays s'animent. Quoi que vous fassiez, quelque moyen que vous employiez, quand le cœur du pays s'animera, sa voix s'animera aussi, cette animation s'exprimera par la presse ^ »
Si la presse est vraiment la voix d'une nation, jamais nation n'exprima plus clairement ce qu'elle ressentait. Le premier et le plus ardent à parler fut naturellement le journal de la guerre, le Pays, rédigé par Granier de Cassagnac et son fils Paul : « Cette affaire d'Espagne, qui eût été sans importance, il y a dix ans, est la goutte d'eau qui fait déborder notre calice trop plein d'amertume. Les promesses mensongères de 1866, l'affaire du Sleswig, l'inexécution du traité de Prague, la spoliation du Hanovre, l'annexion déguisée de Bade et de toute l'Allemagne, l'insolente conduite dans les événements du Luxembourg, l'alliance italienne, le Saint- Gothard, tout cela se succédait, s'entassait au