Théodore Juste, Conrjrès national belge, t. II, p
2. Dépèches de Drouyn de Lhuys des 4 et 21 décembre 1862. — Note collective de Ja France, de l'Angleterre et de
des motifs qui engagèrent le ministère italien à repousser la candidature espagnole, offerte au duc de Gênes, fut qu'on n'était pas certain d'obtenir l'assentiment des puissances.
Nous dégageâmes donc d'abord cette première règle, que, lorsqu'il s'agit du choix d'un souverain, un gouvernement étranger n'a jamais le droit de prétendre, mais a toujours le droit d'exclure, si le candidat appartient à l'une des familles régnantes dans les grands États, ou si, y étant étranger, il constitue, par sa situation personnelle, un péril extérieur ou intérieur \
Nous nous posâmes une autre interrogation. La règle était certaine, devions-nous l'invoquer? Ne serait-il pas plus conforme aux principes de la société moderne d'y renoncer? N'était-elle pas devenue surannée, alors que les institutions avaient retiré aux rois les pouvoirs sans limites qui plaçaient dans leur volonté la paix, la guerre, les alliances et les avaient subordonnées à la volonté des peuples, au vote des assemblées? Guizot avait déjà débarrassé la discussion politique de ce mauvais raisonnement : (( Des esprits superficiels affectent de mépriser les liens de famille entre souverains, et de les tenir pour vains entre les États. Étrange marque d'ignorance ! De tels liens ne sont sans doute ni infailliblement décisifs, ni toujours
la Russie du 13 décembre 1862. — Dépêches de John Russcll, des 22 janvier et 9 février 1863.
1. Lamartine. Situation extérieure de la France, 24 octobre 1847.
salutaires ; mais toute l'histoire ancienne et moderne et notre propre histoire sont là pour démontrer leur importance et le parti qu'une politique habile en peut tirera » Il est aussi déraisonnable de ne pas attacher d'importance aux rapports de parenté entre les rois, sous prétexte que ces liaisons n'ont pas toujours conjuré les ruptures, qu'il le serait de n'attribuer aucune valeur aux affections de famille parce que, souvent, des frères ont été ennemis ou que l'anta* gonisme ou la froideur ont séparé des pères et des fils. Supprimez les parentés dynastiques, les égards affectueux qu'elles avaient établis entre les tsars et les rois de Prusse, combien d'événements eussent été modifiés par l'antipathie réciproque des Slaves et des Allemands I Même dans la constitutionnelle Angleterre, cette influence des parentés n'est pas nulle. Croit-on que celle existant entre la reine Victoria et le premier roi de Belgique, Léopold^ n'ait pas donné une vigueur toute particulière dans la politique anglaise au principe de défendre la neutralité belge? N'est-ce point parce que la Heine, presque aussi Allemande qu'Anglaise, en souvenir de son cher Albert, avait identifié les intérêts de son pays à ceux de l'Allemagne que les ministres anglais avaient assisté impassibles