‹ L'empire libéral; études, récits, souvenirs (volume 4)Chapitre 3 sur 173 · Machiavel, Storia Florentina, t. VII · texte numérisé non relu

Machiavel, Storia Florentina, t. VII

l'on perd^; bien que ce ne soit pas de votre faute, on vous en charge toujours et vous ne pouvez aller sur toutes les places publiques et dans tous les comptoirs présenter votre justification. » Assurément cette manière de juger n'est pas rationnelle : le succès d'une entreprise dépend de tant de circonstances imprévues que, quelle que soit la prévoyance qui l'a conduite, nul, fut-il César ou Napoléon, ne peut être assuré qu'il n'échouera pas. « Mi/ii quanto pkira recentium seu vetenimresolvo, tanto magïs ludibna rerum mortainim cunctis in negotiis observantxu'"-. » Cette disposition d'esprit est singulièrement dommageable à la bonne expédition des affaires difficiles, car bien des hommes expérimentés évitent, par prudence, de s'y engager parce qu'ils redoutent les risques à courir. Mais comment la multitude jugerait- elle d'autre façon? Une guerre est déclarée ; elle est malheureuse ; des milliers d'individus, parmi lesquels tant d'illettrés, ont-ils le moyen de se former une opinion raisonnée sur les négociations, sur la conduite des opérations militaires, et distinguer ce qui appartient à l'incapacité de ce qui ressort de la fatalité? Il leur est, au contraire, facile de constater le fait palpable d'une défaite ou d'une victoire.

Cependant il existe, en quelque sorte, des

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