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OU de guerre qui s'agitent autour de nous à l'étranger, parce que, si la guerre devenait nécessaire, Qous serions parfaitement en mesure de la supporter ^ » — « ... Aujourd'hui, que nous soyons à la paix ou à la guerre, cela ne fait absolument rien au ministre de la Guerre : il est toujours prêt-. » Et ces paroles encore plus significatives dans les commissions du Sénat et du Corps législatif : « Quand on a une telle armée, ne pas faire la guerre c'est de la vertu. » — (( Dans quinze jours, avait-il dit aussi, nous aurions une armée de 415000 hommes. » Le maréchal Vaillant, les généraux Bourbaki, Frossard, Failly et tant d'autres exprimaient la même confiance. Le Bœuf la partageait tout à fait. Dépourvu de vantardise en ce qui le concerne, il me disait : « Je ne vaux que pour 60 000 hommes. » Il croyait, au contraire, l'armée capable de tous les miracles et sans dissimuler l'infériorité de ses efTectifs, apte à donner une preuve de plus du nombre contrebalancé par la qualité. Les choses militaires ne relevaient que de l'Empereur : il avait réclamé et nous ne lui avions pas disputé le privilège impérial de les régler et de les contrôler, sauf dans la partie exclusivement politique, relative à la fixation du contingent. Le Bœuf s'est trompé, lorsqu'il a parlé d'états présentés au Conseil. Le Conseil ne lui en a pas demandé
d. Empire libéral, t. XI, p. 350.
et il ne lui en a pas soumise Ses communications n'ont été faites qu'à l'Empereur; c'est avec lui seul qu'il les a débattues et c'est dans une de ces notes qu'il lui a dit : « Nous sommes plus forts que les Prussiens sur le pied de paix et sur le pjied de guerre. » Le Conseil lui a tout simplement demandé : « Maréchal, vous nous aviez promis que si la guerre arrivait, vous seriez prêt; l'ètes-vous? » Le maréchal ne dit pas, en fanfaron ridicule et en marquant nos étapes sur Berlin-, que la guerre serait une promenade militaire; il dit au contraire que la lutte serait difficile, mais qu'étant tôt ou tard inévitable, puisqu'on nous en offrait une occasion, nous pouvions l'affronter sans crainte : l'armée était admirable, disciplinée, exercée, vaillante, son fusil de beaucoup supérieur au fusil prussien, son artillerie commandée par un corps d'élite, et nos mitrailleuses, que les Prussiens n'avaient pas, seraient d'un effet aussi terrible que nos
1. M. Emile Segris à M. E. Ollivier, 14 février 1873 : « Jamais, à ma connaissance, le Maréchal ne nous a lu ni montré d'états, pas plus qu'il ne nous a fait connaître les rapports si importants du colonel Stoffel que je n'ai connus qu'après les événements et alors que j'étais rentré à ma campagne. Mais ce que j'affirme, c'est qu'au dernier moment, quand on renonça à la résolution qui avait été adoptée à l'unanimité de 14 à 5 h. 3/4 de l'après-midi, et qui ajournait la guerre, le Maréchal sur ma demande ne me répondit pas seulement : « Nous sommes prêts», mais que ((jamais la France n'aurait une pareille occasion de vider son différend avec la Prusse! »
2. Ce propos lui a été prêté faussement, ainsi que plusieurs autres.
fusils; la mobilisation et la concentration s'opéreraient rapidement selon les données du maréchal Niel, et si nous agissions avec résolution sans perdre de temps, nous surprendrions les Prussiens au milieu de leur formation par une offensive vigoureuse ; nous pouvions dès le début porter un de ces coups heureux qui exaltent le moral d'une armée, doublent sa puissance et sont un gage de son succès définitif.
Chevandier, très au courant de l'organisation des Prussiens, contesta que nous fussions en mesure de les devancer dans Faction. Le Bœuf lui répondit que, grâce à la supériorité de notre état de paix, c'était fort possible, et il nous répéta, ce qu'il a constamment affirmé à quiconque l'a interrogé, comme en témoigne Mac- Mahon^que « l'armée française, même inférieure en nombre, battrait l'ennemi ». Autour de lui ses officiers tenaient le même langage. Pendant les séances orageuses, mon frère se trouvait dans les couloirs, auprès de son chef de cabinet, Clermont-Tonnerre, et lui exprimait ses anxiétés, u Soyez donc rassuré, lui répondit le vaillant officier, j'ai suivi l'armée prussienne en 1866... » Et, traçant avec le doigt un triangle sur sa main : ^ Aussi certainement que voilà un triangle, nous la vaincrons. » L'amiral Rigault de Genouilly, ministre de la marine, n'était pas moins convaincu de la puissance de l'armée française. « Jamais, a-t-il dit, je n'ai cru à une