‹ L'empire libéral; études, récits, souvenirs (volume 4)Chapitre 39 sur 173 · juilIeL · texte numérisé non relu

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feu à l'Europe. Le chef de la famille n'a pas été toujours aussi réservé dans Texercice de son influence sur les membres subordonnés de sa maison, et sa répugnance actuelle à le faire est aussi suspecte que le sont en général de soudains accès de vertu. » Ceux des journaux autrichiens qui n'étaient pas à la solde de Bismarck exprimèrent les mêmes jugements.

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L'assentiment qui nous arrivait ainsi de toutes parts, loin de nous enlever le sang-froid, l'accrut. Au lieu de nous jeter aux solutions violentes, il nous incita plus encore aux efforts pacifiques. Les Prussiens ont trouvé à Saint- Cloud et ont publié le télégramme confidentiel que j'adressai à l'Empereur à l'issue de la séance. Il démontre la sincérité des sentiments que je venais d'exprimer à la tribune : « La déclaration a été reçue par la Chambre avec émotion et immense applaudissement. Le mouvement, au premier moment, a même dépassé le but. On eût dit que c'était une déclaration de guerre. J'ai profité d'une intervention de Crémieux pour rétablir la situation. Je n'ai pas accepté qu'on nous représentât comme préméditant la guerre ; nous ne voulons que la paix avec honneur. » L'Empereur tenait de son côté un langage semblable. L'amiral Jurien de la Gravière, son aide de camp, étant venu lui

demander un commandement, il répondit :

(( Nous n'en sommes pas encore là; la Prusse mettra les pouces. » Gramont s'efforçait, soit par ses conversations, soit par ses dépêches, de ne laisser aucun doute dans l'esprit des Cabinets sur nos véritables visées, et il y réussit. Granville en convenait : « Le gouvernement de la Reine, disait-il, est entièrement persuadé que le gouvernement impérial ne désire pas la guerre et ne parle de recourir à cette extrémité qu'avec l'idée d'empêcher la réalisation d'une combinaison qu'il considère comme nuisible à l'honneur et aux intérêts de la France \ »

Notre déclaration n'avait pas été inspirée par le désir de rendre la rupture inévitable. Elle nous avait para la dernière chance de sauvegarder la paix, par l'ébranlement qu'elle causerait dans les volontés indécises des puissances et par les rétlexions salutaires qu'elle inspirerait aux meneurs de l'affaire. Aussi sa conséquence nécessaire nous parut être, au lieu d'interrompre les négociations, de les poursuivre avec d'autant plus d'ardeur qu'elles ne seraient plus dénuées de succès. Dès que nous étions décidés à ne pas nous écarter des règles internationales consacrées, nous ne pouvions pas nous adresser à l'Espagne. Mercier nous avait recommandé cette abstention dès le 24 juin : (( Notre opposition aura d'autant plus de poids dans les calculs qu'elle sera directement à

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