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lentes relations personnelles. L'Empereur eut l'idée de faire, directement et en secret, un appel à ses bons sentiments. Il manda à Saint- Cloud Bartholdi, l'envoyé de Mercier, et lui donna l'ordre de repartir le lendemain : à son arrivée à Madrid, il se rendrait auprès du Régent et lui demanderait de sa part, comme un ser~ vice personnel dont il lui serait toujours obligé^ de faire immédiatement une démarche auprès du prince Antoine de Hohenzollern, afin qu'il décidât son fils à renoncer à sa candidature. Bartholdi demanda à l'Empereur s'il ne serait pas plus correct et préférable que l'ambassadeur fit lui-même la démarche. «Non, répondit l'Empereur, vous pouvez en parler à Mercier ; mais dès votre arrivée, allez vous-même chez Serrano comme venant spécialement de ma part. Cela fera plus d'effet. Insistez, dites au maréchal que je fais appel à ses sentiments d'amitié pour moi. »
Du côté de la Prusse, nous ne renonçâmes pas non plus à tenter un effort suprême. Nous ne pouvions pas songer à aller trouver Bismarck à Varzin ; il nous eût fermé sa porte au nez plus rudement encore que Thile ne l'avait fait ; il ne nous restait qu'un recours, celui au roi de Prusse alors à Ems. Nous n'avions pas devant nous un Roi constitutionnel, se tenant par devoir en dehors des affaires ; Guillaume régnait et gouvernait; en toute occasion il déclarait que ses ministres étaient de simples instruments, et que leurs actes n'étaient que l'exécution de ses
pensées personnelles. Notre démarche n'avait donc rien d'incorrect, et ce n'était pas la première fois que le Roi traitait directement les affaires avec les souverains ou leurs représentants. Cette manière de négocier n'offrait de péril qu'à nous-mêmes, puisque tout devait y rester confidentiel et verbal, qu'aucune note ne pourrait être échangée qui permît plus tard d'établir, par des témoignages indiscutables, la rectitude et la prévoyance de la conduite. Nous n'ignorions pas qu'il n'est pas conforme à l'étiquette de troubler la cure d'un roi, mais il y avait urgence et point par notre faute, et comme nous n'avions pas d'autre moyen d'écarter le conflit, nous fûmes obligés de ne pas tenir compte de cette convenance.
Pour donner plus de force à ses démarches auprès de Serrano et du roi Guillaume, Gramont sollicita le concours de toutes les puissances. Il télégraphia à Fleury: « Nous sommes persuadés que le Cabinet russe reconnaîtra l'impossibilité d'accepter une candidature si \isiblement dirigée contre la France, et nous serions heureux d'apprendre qu'il veut bien user de son influence à Berlin pour prévenir les complications qui pourraient se produire à ce sujet entre l'Empereur et la Prusse. » (6 juillet.) A Malaret, à Florence, il télégraphie : « Demandez
àM. Yisconti-Yenostaqiieragentitalien à Madrid emploie ses efforts auprès des hommes politiques, et principalement auprès du Régent pour le détourner d'une combinaison dont Prim seul a pris l'initiative si contraire à notre dignité et à notre intérêt'. » Il pria Metternich de demander à Beust « de vouloir bien faire comprendre à Berlin qu'en face de l'irritation nationale ici^ on ferait bien, dans l'intérêt de la paix, d'engager le prince Léopold à refuser cette candidature- ».
Gramont se montra particulièrement pressant du côté de l'Angleterre dont il espérait un concours très efficace. Il indiqua à Lyons, comme une solution, que l'Angleterre pourrait conseiller l'abandon volontaire par Léopold lui-même de sa candidature, ce qui serait moins blessant pour la Prusse qu'un abandon exigé ou conseillé par le Roi^u Cette renonciation volontaire de la part du prince, conclut Lyons, serait, dans l'opinion de M. de Gramont, une solution très heureuse de questions difficiles et compliquées, et il prie le gouvernement de Sa Majesté d'user de toute son intluence pour l'amener. )>
Gramont télégraphia directement à La Valette , notre ambassadeur : « J'ai prié lord Lyons de demander à lord Granville que le gouvernement anglais voulût bien insister particulièrement auprès du Régent afin de le déterminer à séparer