‹ L'empire libéral; études, récits, souvenirs (volume 4)Chapitre 50 sur 173 · Lettre particulière · texte numérisé non relu

Lettre particulière

sera reconnaissante avec le monde entier et que le gouvernement de l'Empereur n'oubliera jamais une action aussi magnanime. » (8 juillet.) Est-ce là le langage d'un ministre « dont l'intention arrêtée était de précipiter une rupture et de profiter de la querelle au lieu de l'éteindre » ? Bartholdi arriva à Madrid le 10 juillet au matin. 11 communiqua ses instructions à Mercier et il se rendit incontinent auprès de Serrano, lui exposa, avec une insistance habile, le désir de l'Empereur. Serrano, depuis qu'il n'avait pu tenir ses engagements envers Montpensier, s'était désintéressé de la recherche du Roi et avait accepté le Hohenzollern sans objection. Les nouvelles de Paris l'avaient tiré de sa torpeur. Il eût bien voulu reculer, mais attentif à ne pas sortir de son rôle constitutionnel, ayant de plus donné son consentement, il n'osait pas suivre ses impulsions. Il prodiguait les paroles amicales à Mercier, lui donnait des assurances de son bon vouloir: il n'avait pas compris ce qu'il faisait. Il défendait Prim, répétait les sornettes que ce dernier lui avait contées ; il niait même qu'il y eût eu une lettre échangée entre Prim et le prince. Puis, tout ceci dit, il ajoutait ^ en esprit avisé : « Répondre après cela qu'il y soit pour rien, non, car on ment beaucoup dans ces sortes d'aventures ^ » La con-

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