‹ L'empire libéral; études, récits, souvenirs (volume 4)Chapitre 51 sur 173 · De Mercier, 9 juillet · texte numérisé non relu

De Mercier, 9 juillet

Serrano étant à Paris en 1884, je chargeai Darimon, que je considérais encore comme un ami, d'aller le voir et de lui poser en mon nom les questions suivantes : «Qui a eu l'idée

fiance que l'Empereur lui témoignait le toucha plus que tous les raisonnements de Mercier, de Layard et des diplomates et le décida à oser ce qui était dans son sentiment personnel. Il promit à Bartholdi d'envoyer quelqu'un au prince Léopold. Ni les ministres ni Olozaga ne devaient être instruits d'une mission à laquelle il se croyait obligé de maintenir un caractère mystérieux et tout privé. Il en informa seulement Prim. Ce complice hypocrite de Bismarck se garda bien de le décourager : il comptait sur la fermeté de Léopold, sur sa fidélité envers lui et Bismarck, et ne doutait pas que l'envoyé du Bégent ne se heurtât à un refus invincible. Alors, se retournant vers Serrano, il lui aurait dit : « Puisque le prince veut aller jusqu'au

de la candidature Hohenzollern? » Le maréchal Serrano déclare qu'il l'ignore absolument. Il n'a connu cette candidature qu'au retour de Prim qui était allé chasser dans les montagnes de Tolède, c'est-à-dire le 1'='' juillet 1870. 11 n'a pu faire d'opposition à ce choix, parce qu'il ne s'en présentait pas d'autre, qu'on lui avait fait le plus grand éloge dxp prince Léopold et surtout parce qu'on lui avait assuré qu'il ne sortirait de cette candidature aucune complication du côté de la France. L'ex-régent n'a rien su des démarches qui avaient été faites au mois de mars 1869, à Berlin, par M. de Rancès, démarches qui avaient éveillé les défiances et les susceptibilités du gouvernement impérial. « 2° Quel a été le rôle de Prim? » Le Maréchal s'est montré très réservé. Il affirme que Prim ne lui a rien dit de ses démarches. Les Corlès avaient donné un blanc-seing à Prim. C'est à elles seules que le comte de Reuss devait compte des moyens mis en œuvre pour découvrir un candidat. lia présenté le prince Léopold, mais le Conseil des ministres réuni à la Granja sous, la présidence du Régent ne lui a pas demandé comment il s'y était pris pour parvonir à ses fin«.

NEGOCIATIONS AVEC LES PUISSANCES. i61

bout, l'honneur du noble peuple espagnol nous oblige à le suivre. » Mais comme il ne voulait pas donner son assentiment à une tentative dont iL souhaitait et prévoyait l'insuccès, il obtint qu'il serait Ccînsé l'avoir ignorée. Le 10, à neuf heures du soir, Serrano écrivait à Mercier: (( Il est parti à cinq heures et demie. Silence! ))Le messager dont le départ était ainsi annoncé était le secrétaire et le neveu du Régent, le généralLopezDomingueZjOffîcierd'une rare distinction. Il devait aller à Sigmaringen exposer au chef de famille les considérations puissantes qui rendaient nécessaire le retrait de la candidature. Il était en outre, si cela devenait nécessaire, accrédité auprès du roi de Prusse et de Bismarck. Par ce fait d'accréditer son envoyé auprès du Roi et de Bismarck, aussi bien qu'auprès des Hohenzollern, Serrano confirmait lui aussi ce que nous apprenions de tous les côtés, que l'un et l'autre avaient participé au complot. Cette démarche de Serrano était un acte considérable. Elle ne deviendrait un acte décisif que si elle n'était pas contrariée par la volonté du roi de Prusse. La négociation que nous avions entreprise avec lui à Ems domine donc tous les autres faits diplomatiques.

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