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du 10 juillet et l'obliger à donner sa démission d'ambassadeur et se retirer dans la solitude ^
La manière dont Bismarck apprit Teffondrement de son plan est presque tragique. De la solitude où il était allé attendre l'explosion de sa mine, tenu heure par heure au courant par Abeken, il suivait d'une attention de plus en plus inquiète, puis irritée, ce qui se passait à Ems entre Benedetti et le Roi. Il avait été furieux que le Roi eût reçu notre ambassadeur avant d'avoir obtenu réparation de ce qu'il appelait les injures de Gramont; qu'il lui eût avoué sa participation à la candidature et les négociations avec le prince Antoine et lui eût promis,, si Léopold se décidait à la retraite, de l'en instruire. C'étaient des concessions ; il aurait dû n'en accorder aucune et éconduire le négociateur au premier mot, et non se prêter à une discussion quelconque. Il craignait que, sous l'influence pacificatrice de la reine Augusta, le Roi n'inclinât les princes à abandonner la partie ; quoique persistant à maintenir la candidature, il était tellement sûr de son candidat, si le Roi
4. Lettre de Martin de Hernandez, chargé d'affaires d'Espagne, à Emile Ollivier (12 novembre 1870) : « M. Olozaga me charge de vous faire savoir que pour avoir voulu faire tout ce qui dépendait de lui en faveur de la France, il s'était vu dans la nécessité de donner sa démission d'ambassadeur et de se retirer à la campagne. »
ne rinfluençait pas, qu'il insistait pour quon ne s'occupât point des HohenzoUern et qu'on les laissât libres de leur décision ^ Il voulut couper court aux compromissions et arrêter le Roi sur la pente où il glissait. Il lui écrivit que, sa santé lui permettant de voyager, il était prêt à se rendre à Ems sur l'ordre de Sa Majesté. Le Roi lui envoya cet ordre, et Bismarck se mit en route le 12 au matin, ayant Keudell dans sa berline de voyage. Il avait laissé Lothar Bûcher à Yarzin auprès de sa femme. « Il était, dit Keudell, plus taciturne qu'à l'ordinaire, bien que sa mine fût riante. » En passant à Wusso^v, son ami, le vieux pasteur Mullert, le salue amicalement debout devant la porte de son presbytère ; du fond de sa calèche découverte, il lui répond par un geste qui esquissait un coup de tierce et de quarte indiquant qu'il allait au combat. Il se proposait, après avoir conféré quelques instants avec Roon, arrivé de son côté à Berlin, de poursuivre jusqu'à Ems. Là, il mettrait fm aux compliments, aux courtoisies et aux condescendances; il montrerait l'honneur du pays sacrifié et obtiendrait de notifier péremp toirement, et peut-être avec insolence, un refus des princes et du Roi ; il reprendrait d'un ton brutal les raisonnements de Thile; il n'admettrait pas que le Roi s'expliquât plus longtemps avec nous sur ses actes de chef de famille; enfin, il congédierait Benedetti et proposerait