‹ L'empire libéral; études, récits, souvenirs (volume 4)Chapitre 70 sur 173 · CHAPITRE Yïl · texte numérisé non relu

CHAPITRE Yïl

L'Empereur, le 12 au matin, était venu aux Tuileries présider le Conseil des ministres. Nous délibérâmes sur la réponse à faire à la demande d'un délai qui nous avait été adressée la veille par Benedetti au nom du Roi en termes assez vifs. Nous autorisâmes Gramont à télégraphier à Benedetti que notre dessein n'avait jamais été de provoquer un conflit, mais de défendre l'intérêt légitime de la France; aussi, tout en contestant la justesse des raisonnements du Roi et en maintenant nos prétentions, nous ne refusions pas le délai demandé, mais nous espérions qu'il ne s'étendrait pas au delà d'un jour. Cet incident réglé, nous nous occupions des affaires courantes, lorsqu'un chambellan entre, dit quelques mots à voix basse à l'Empereur, qui aussitôt se lève et sort. Il rentre quelque temps après et s'associe de nouveau à nos conversations d'affaires sans nous rien dire du motif de cette sortie inusitée. Il était allé recevoir Olozaga qui, n'ayant pu lui apporter à Saint-

Cloud, pendant la nuit, le télégramme chiffré de Strat, avait instamment demandé à le voir tout de suite, malgré les usages, afin de faire cette information urgente. Le télégramme chiffré annonçait les télégrammes en clair que le prince Antoine avait expédiés le 12 au matin, et Olozaga demanda à l'Empereur de tenir sa communication confidentielle jusqu'à l'arrivée de ces télégrammes, qui, seuls, donneraient un caractère irrévocable à la renonciation. 11 est regrettable que l'Empereur ait accepté cette obligation d'un secret provisoire, vis-à-vis de ses ministres. S'il nous eut raconté alors la négociation occulte que nous ignorions, s'il nous en avait appris l'heureuse issue, nous n'eussions pas été surpris par la nouvelle, comme nous le fûmes quelques heures plus tard. Nous aurions échangé à loisir nos idées, réfléchi, délibéré, et nous n'aurions pas été contradictoires ou embarrassés dans notre attitude devant la Chambre et devant le public.

Vers deux heures, je quittai le ministère pour me rendre à pied à la Chambre, à travers le jardin des Tuileries. J'étais profondément triste: il me paraissait évident que la volonté de la Prusse était de nous imposer la guerre et que nous y étions acculés. Cette perspective me désespérait. J'avais à peine fait quelques pas, absorbé dans mes pénibles réflexions, que je fus comme réveillé en sursaut par la voix d'un employé du ministère de l'Intérieur qui me remit une lettre de Chevandier. Cette lettre con-

tenait la copie de la dépêche en clair expédiée par le prince Antoine à Olozaga, qui venait d'arriver et dans laquelle était inclus le texte de la renonciation de ce prince au nom de son fils. 11 existait au ministère de l'Intérieur un service spécial chargé de prendre copie de toutes les dépêches traversant Paris, y arrivant ou en partant, qui, malgré leur caractère privée étaient de nature à intéresser la paix publique : la dépêche du prince Antoine ayant ce caractère avait été copiée, et Chevandier me l'envoyait en même temps qu'à l'Empereur et à Gramont. Je revins vivement sur mes pas pour donner la bonne nouvelle à ma femme et je repris ma route. Quelques doutes m'assaillirent. Que signifiait cette renonciation qui tombait tout à coup du ciel? Élait-elle sérieuse? N'était-ce pas une mystification de l'agiotage? Pourquoi Olozaga,. avec lequel j'avais des relations journalières,, ne me l'avait-il pas fait pressentir? L'Empereur ne paraissait pas s'en douter au Conseil : la connaissait-il? Tignorait-il? En avait-on parlé à Gramont? J'écartai ces doutes. Il me parut impossible qu'un acte ainsi annoncé fût une mystification ; je le considérai comme certain. Je crusalors tout sauvé et telle fui ma joie de la paix ressaisie, telle ma crainte de la perdre de nouveau que toutes les dispositions de combativité auxquelles j'avais fini par me résigner fondirent sous la chaleur de la nouvelle inespérée. Il n'y avait plus à se montrer raide, mais accommodant, facile, et à consolider le résultat obtenu

au lieu de le compromettre. L'affaire était sûrement finie, si nous ne commettions aucune imprudence, et j'en étais si heureux que, par moment, je ne pouvais pas y croire.

Toutefois il me parut que je ne devais pas divulguer le document que je tenais dans mes mains, que je relisais comme si j'allais y trouver le secret de l'événement. C'était un document de police politique, sans caractère officiellement avouable et j'étais tenu à n'en pas révéler l'existence. Je le mis donc dans ma poche qu'il brûlait en quelque sorte. J'avais à peine fait encore quelques pas que je fus rejoint par un autre envoyé, celui-là de mon cabinet, Boissy. Il m'apportait un rapport dans lequel on relatait que, dans le local de la réunion de la Gauche irréconciliable, à la Sourdière, Gambetta venait de prononcer un discours superbe : le thème en était qu'il fallait considérer l'affaire Hohenzollern comme un détail et demander résolument l'exécution du traité de Prague et la démolition des forteresses qui menaçaient notre frontière. « S'il prononçait ce discours à la Chambre, me disait-on, le ministère n'y résisterait pas. »

J'arrive au Corps législatif, on m'interroge : qu'ya-t-il de nouveau? Je me garde bien de dire ce que je venais d'apprendre. « Rien encore, disje, mais Gramont doit conférer avec Werther dans quelques instants et, à la fin de la journée, nous saurons à quoi nous en tenir définitivement. » A ce moment Olozaga débouche dans la

salle des conférences. Le visage animé, agitant un papier, il se précipite vers moi, et m'attire dans un coin. « Gramont est-il là? — Non, il est aux Affaires étrangères en conférence avec Werther. — C'est que j'ai une bonne nouvelle à vous donner. » Et il me lit le télégramme dont j'avais la copie dans ma poche. « La nouvelle est donc sérieuse? lui dis-je. — Oui, oui, n'en doutez pas ; tout est terminé. » Puis il me quitta pour se rendre auprès de Gramont.

Les députés qui avaient vu l'arrivée d'Olozaga, sajfpantomime, le papier tendu, m'entourent dès qu'il m'a quitté : (^ Il y a donc quelque chose d'important? » Une délibération rapide comme la pensée eut lieu alors dans mon esprit. Divulguerai-je la dépêche ou la garderai- je pour moi? La copie, saisie au passage, d'une transmission par la haute police d'État, était devenue un texte authentique produit devant de nombreux assistants par l'ambassadeur au quel il était adressé ; une communication ainsi faite n'indiquait pas le désir du secret; le caractère même de la dépêche l'excluait : on n'expédie une dépêche en clair que lorsqu'on veut la rendre publique. Pourquoi aurais-je caché à ces députés, pour faire inutilement Timportant, un fait que tout le monde allait connaître par les journaux du soir, que beaucoup connaissaient déjà, au ministère, au télégraphe, dans les ambassades, dans les chancelleries, dans les offices d'agences, dans les bureaux de journaux? Les indignes adversaires avec les-

quels j'étais aux prises n'auraient pas manqué d'incriminer ma réserve comme une complaisance aux spéculateurs. Certes, je n'aurais pas hésité à affronter ce risque, quoiqu'il me fût beaucoup plus sensible que d'autres auxquels je m'exposais quotidiennement, si un intérêt public l'eût exigé. Il n'y en avait aucun, car je ne pouvais regarder comme un intérêt public l'espérance vaine d'empêcher une manifestation parlementaire du parti de la guerre, manifestation qui, retardée au lendemain et mieux organisée, n'en eût été que plus violente. Je donnai donc lecture du télégramme à ceux qui m'interrogeaient. Un de mes auditeurs était le célèbre ingénieur Paulin Talabot, le créateur des chemins de fer français, ancien saintsimonien, pacifique par doctrine et par intérêt. (( La Prusse se moque de vous », murmura-t-il à mon oreille.

On m'appelle dans la salle des Pas-Perdus. Une cohue roule vers moi et m'interpelle. Je n'avais pas à cacher dans une salle ce que je venais de dire dans l'autre: — « Oui, répondisje, il y a une dépêche adressée à Olozaga par le prince Antoine annonçant qu'il retire la candidature de son fils. — Et le traité de Prague? s'écrie une voix. — Nous n'en avons jamais parlé à la Prusse ; nos pourparlers n'ont porté que sur la candidature. » « Est-ce la paix? » me cria-t-on encore. Je répondis en ouvrant les bras par un geste évasif qui voulait signifier : « Je ne peux pas vous répondre. » Mais si mes

lèvres restèrent muettes, l'éclair de joie qui illuminait mon visage disait l'espérance qui remplissait mon cœur^ Apercevant, parmi les auditeurs, Léonce Détroyat, le rédacteur en chef de la Liberté, j'allai à lui, et lui demandai d'engager son oncle à ne plus écrire des articles comme ceux des jours derniers et à travailler à prévenir la guerre, puisque cela devenait honorablement possible : « Je vous en supplie, ayez le courage de lui refuser l'insertion de ses articles, vous lui rendrez un grand service en même temps qu'au pays-. ^> Girardin, anxieux

1. Le Rappel (je cite un des journaux les plus hostiles) racontait ainsi l'incident : « M. Emile Ollivier venait d'entrer tout rayonnant. Interrogé et entouré, il annonça à voix haute qu'il avait reçu, par M.Olozaga, une dépêche du prince Antoine.de Hohenzollern, père du duc Léopold, déclarant qu'il ordonnerait à son fils de se désister. — M. Emile Ollivier a ajouté : « Nous n'avons jamais demandé à la Prusse (( autre chose que la renonciation du prince Hohenzollern, « Or la candidature peut être considérée comme retirée. » M. Emile Ollivier ne concluait pas, mais la conclusion allait de soi. »

2. Darimon a placé cette anecdote, qu'il m'avait entendu raconter, à mon arrivée à la Chambre, et cela n'avaitpas de sens, puisque à ce moment-là j'étais muet. A ce propos, il n'est pas inutile que je dise quelques mots de ce personnage r il avait été un des Cinq et je ne l'avais jamais oublié. Quoique, lors de ma rupture avec Rouher, il se fût prononcé contre moi, je m'occupai de lui faire une place à la Cour des Comptes. Après la guerre, je continuai à l'admettre dans ma familiarité; il y rencontrait Gramont; nous causions devant lui sans défiance. En me quittant il notait ce qu'il avait entendu. Si ces notes eussent été la reproduction de la vérité, elles eussent été un document précieux, mais elles étaient toujours rédigées par un imbécile ou par un drôle, qui a mal compris ou qui n'a pas voulu comprendre, de sorte

et trop nerveux pour venir jusqu'à la salle des Pas-Perdus, l'attendait au bout du pont, sur la place de la Concorde. Détroyat courut lui répéter ce que je venais de dire. Aux premiers mots, Oirardin le quitta brusquement en haussant les épaules.

En même temps débouchait du Palais législatif une bande agitée : c'était à qui envahirait les fiacres de la place, à qui les escaladerait, à qui les prendrait d'assaut. — « A la Bourse ! à la Bourse! criaient les hommes d'affaires. Nous doublons le prix de la course, et au triple galop ! » Parmi les journalistes, même empressement et concert de même nature. « Aux bureaux de la Marseillaise ! s'exclamaient les uns. Au Béveill Au Sièclel A r Opinion nationale! Au Rappell » commandaient les autres, et, sous le stimulant du fouet, on voyait les haridelles de la place sortir l'une après l'autre de leur repos et s'élancerrapidescomme des flèches.

qu'il n'en est pas une à côté de laquelle on ne puisse inscrire faux ou à demi-faux. A ces notes traîtresses, il a joint toutes les inventions hostiles au ministère, colportées par la Droite impérialiste qui voulait nous faire le bouc émissaire de ses fautes et il a publié tout cela dans un volume intitulé : JVofes pour servir à l'histoire de la guerre, dans lequel on a puisé à pleines mains, souvent sans en citer la source. Quand j'ai lu ce détestable livre, j'ai mis l'auteur à la porte de chez moi. Cependant lorsque, quelque temps après, il fut tombé dans la misère, j'obtins de l'Académie française qu'elle lui attribuât la place dont elle disposait dans l'Asile Galig-nani; c'est là qu'il est mort. Je ne dis tout ceci que parce que tout historien sérieux doit considérer les allégations de Darimon comme fausses, si la vérité n'en est pas prouvée autrement.

Rentré dans la salle des conférences des députés, Gressier, l'ancien ministre, esprit ferme, judicieux, nullement disposé à la guerre, m'aborde. Je lui exprime ma volonté, si la renonciation est sérieuse, de ne pas me prêter à ce qu'on ente une nouvelle exigence sur l'incident Hohenzollern, pas plus celle du traité de Prague que toute autre. « C'est bien, me répondit-il, TOUS ferez un acte de courage ; mais ne vous y méprenez pas, c'est votre chute; le pays ne se contentera pas de cette satisfaction. » Un grand nombre de députés se forment en groupe autour de moi, m'interpellent. Plus libre d'exprimer ma pensée avec eux que je ne l'avais été quand je me trouvais au milieu de journalistes, je leur répétai ce que je venais de dire à.Gressier. De nombreuses protestations s'élevèrent. A droite ce fut un bouillonnement de colère : « Ollivierdit que tout est terminé. C'est indigne. La Prusse est venue nous chercher: il faut en finir avec elle. » Quelques membres se réunissent en hnte dans un bureau de la Chambre, décident qu'il ne faut pas tarder à protester contre la pusillanimité du Cabinet et rédigent une demande d'interpellation que Duvernois est chargé de porter immédiatement à la tribune.

J'entre dans la salle des séances. Clément Duvernois se lève et, d'un ton menaçant, comme réponse h mes espérances pacifiques, dépose en son nom et au nom de de Leusse, l'interpellation suivante: « Nous demandons à interpeller le Cabinet sur les garanties qu'il a stipulées

OU qu'il compte stipuler pour éviter le retour de complications successives avec la Prusse. » 11 ajouta qu'il n'insistait pas pour la fixation d'un jour et qu'il s'en remettait à la Chambre et au gouvernement. « Le courant de la guerre, disait la Gazette de France, semble l'emporter. A la salle des conférences du Corps législatif un député vendéen a dit hautement que si le ministère se contente de la renonciation du prince Antoine au nom de son fils, l'Extrême-Droite ne s'en contentera pas. En somme, la majorité semble portée à la guerre ; il se pourrait que le ministère fût renversé s'il s'arrêtait maintenant. » Duvernois venait de s'asseoir; un huissier m'avertit qu'un aide de camp de l'Empereur désirait me parler. Je sors et l'aide de camp me remet le billet suivant: « Les Tuileries, 12 juillet 1870. Mon cher monsieur Emile OUivier, je voudrais pouvoir causer quelques instants avec vous avant de rentrer à Saint-Cloud. Vous connaissez la dépêche du prince deHohenzollern au maréchal Prim. Si on annonce la nouvelle à la Chambre, il faut au moins en tirer le meilleur parti et bien faire sentir que c'est sur l'injonction du roi de Prusse que la candidature a été retirée. — Je n'ai pas encore vu Gramont. — Le pays sera désappointé. Mais qu'y faire? Croyez à ma sincère amitié. » C'était la première note pacifique qui m'arrivait. Je devinai le désir qui se cachait sous le ù on annonce. Evidemment l'Empereur eût voulu que je montasse à la tribune pour y lire la dépêche, insinuer

que le résultat était dû à l'intervention impérative du Roi et que l'incident était clos. Lire la dépêche n'avait plus dopportunité depuis que tous les députés en avaient connaissance. Quant au public, il l'apprendrait plus vite ou aussi vite par les journaux du soir. Une lecture, comme du reste Tindiquait le billet de l'Empereur, n'aurait eu de valeur que si elle avait été accompagnée d'un commentaire ou suivie d'une conclusion. Comment aurais-je pu me permettre un commentaire ou une conclusion sans m'être au préalable concerté avec mes collègues ? Je les cherchai autour de moi : aucun n'était présent et Gramont conférait avec Werther, venu d'Ems. On peut juger, par la lettre suivante de Che~ vandier, de ce qui serait arrivé si j'avais obéi au désir implicite de l'Empereur: « D'après ce que j'ai su de nos collègues du ministère, la Chambre serait très belliqueuse et cela les impressionne quelque peu. — On se plaint, je vous aime trop pour ne pas vous le dire, de la communication que vous avez faite dans les couloirs d'une dépêche qui ne vous était pas adressée (à cet égard vous seriez couvert par la communication faite par l'ambassadeur d'Espagne i et dont, en tout cas, on trouve la communication prématurée. — Je trouve que vous avez eu tort ^ — Vous savez que sans craindre la guerre je n'en suis pas partisan quand même.

1. Ghevandier ignorait à ce moment les circonstances que je viens de raconter. Quand il les connut, il trouva que je n'avais pas eu tort.

Ne nous jetons pas tête baissée dans la paix. Elle est le but auquel il faut tendre maintenant, mais il faut bien y arriver. » Ce langage du plus pacifique de mes collègues indique à quel diapason les esprits les plus modérés étaient montés. Que n'eût-il pas dit, que n'eussent pas dit avec lui nos autres collègues, et surtout Gramont, si, contre toutes les convenances, j'avais, de ma propre autorité, déclaré à la Chambre que je considérais le différend comme tranché par une dépêche encore énigmatique? Je n'en eus pas même la tentation et je me rendis aux Tuileries pour m'en expliquer avec l'Empereur (3 heures). En traversant la salle des conférences, je rencontrai Thiers. « J'aperçois, a-t-il raconté lui-même, M. Ollivier qui accourt vers moi et me dit : « Oui, nous avons réussi; « nous avons obtenu ce que nous désirions, « c'est la paix. » La joie de M. Ollivier était extrême et manifestée sans réserve. » — Je lui fis lire la dépêche ^ Il me dit : « Mainte- « nant il faut vous tenir tranquille. — Soyez « rassuré, lui répondis-je, nous tenons la paix, (( nous ne la laisserons pas échapper-. »

1. Il n'est pas exact qu'il fallut courir à travers toutes les salles du Palais législatif pour ressaisir la dépêche parce qu'elle avait passé de main en main. Je ne m'en suis pas dessaisi un moment, je n'en ai donné lecture textuelle qu'aux députés qui m'entouraient et à Thiers. Je me suis contenté d'en dire oralement le contenu aux autres. Il est impossible à Thiers, même quand il dit la vérité, de ne pas y mêler quelque inexactitude.

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