‹ L'empire libéral; études, récits, souvenirs (volume 4)Chapitre 79 sur 173 · Essais diplomatiques, p · texte numérisé non relu

Essais diplomatiques, p

la parole de son gouvernement. Sans doute, il est cela, mais il est plus encore un iaformateur, un conseiller astreint à une initiative éveillée. Parfois des ambassadeurs ont su bravement, inspirés par l'urgence, assumer les responsabilités les plus graves. En 1831, lorsque la candidature de Leuchtenberg, désagréable à la dynastie nouvelle de France, parut menaçante, l'ambassadeur Bresson, jugeant que l'élection du duc de Nemours écarterait seule ce danger, n'hésita pas, de sa propre initiative, sans consulter son gouvernement ^ à faire élire ce prince. Dans la même année, Sainte-Aulaire, notre ambassadeur à Rome, fut avisé, à la condition de garderie secret, qu'à l'entrée des Autrichiens dans les légations, nous répondrions par l'occupation d'Ancône. Ce secret qu'on lui imposait lui parut maladroit et périlleux; loin de s'y astreindre, il se hâta d'informer le secrétaire d'Etat de Grégoire XVI de l'intention qu'il devait dissimuler-. Des audaces de cette nature ne peuvent être conseillées et encore moins exigées, pas plus qu'on ne peut demander à un chef d'armée de marcher toujours au canon, sans tenir compte des ordres reçus. Mais il n'y a aucun doute sur l'obligation stricte, pour un ambassadeur, lorsqu'il découvre des inconvénients graves aux directions qu'on lui envoie, d'avertir, de montrer les objections, de signaler les écueils que son ministre n'a pas paru

1. Thureau-Dangin établit bien le fait. Histoire de la Monarchie de Juillet, t. I, p. 179.

Page 1