‹ L'Empire libéral; études, récits, souvenirs: (volume 5)Chapitre 103 sur 177 · De Rome, 8 janvier · texte numérisé non relu

De Rome, 8 janvier

1860, Persigny avait dit à Palmerston et à P»ussell : prenez-y garde, ne poussez pas aux annexions de l'Italie centrale, car la conséquence inévitable de ces annexions sera la reprise de Nice et de la Savoie. Est-ce ainsi que se conduit quelqu'un qui veut tromper?

Faut-il du moins tenir compte de l'objection de John Piussell que si le fait présent était inoffensif en lui-même il portait dans ses flancs une menace d'avenir, que si on le tolérait il se reproduirait inévitablement, et qu'en Belgique et sur le Rhin recommencerait le fait qui venait de se consommer à Mce et en Savoie. Nul n'était mieux que Palmerston en mesure d'écarter ce raisonnement; il n'avait qu'à se rappeler un passage d'une de ses anciennes lettres à propos du Suiiderbund. Les cantons catholiques répondaient à ses conseils de concession : si nous accordons quoi que ce soit, on réclamera ce que nous serons obligés de refuser. Palmerston ripostait : « Accordez aujourd'hui ce qui est raisonnable; vous résisterez ensuite à ce qui ne le sera pas; mais ne résistez pas à tort aujourd'hui, seulement parce que vous pensez que vous aurez raison de résister demain '. » Et cette observation, si juste de Palmerston, eût été d'autant plus opportune que dans les circonstances actuelles, il n'existait aucun motif plausible de supposer qu'on serait obligé de résister demain. Une revendication vers le Hhin n'obtiendrait ni le

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