‹ L'Empire libéral; études, récits, souvenirs: (volume 5)Chapitre 136 sur 177 · juillfl 1h · texte numérisé non relu

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poussés par nos intérêts égoïstes et notre jalousie commerciale, nous sommes prêts à sacrifier ou à entraver le commerce de toutes les nations ^ ».

Saïd, comme depuis Ismaïl, Tewfick et aujourd'hui Abbas, était convaincu que la création du canal entre les deux mers assurerait à la dynastie de Mehemet-Ali une gloire impérissable dans l'histoire de la civilisation : il ne tint aucun compte des menaces anglaises et des tergiversations turques. Néanmoins il eût été écrasé par la force, si l'Empereur ne s'était placé devant lui. <( Soyez tranquille, avait-il dit à Lesseps, vous pouvez compter sur mon appui et ma protection. » L'Impératrice secondait passionnément ses bonnes dispositions. Lesseps écrivait : « J'ai dit dans notre dernière séance du conseil d'administration que l'Impératrice avait été notre ange tutélaire et qu'elle serait pour l'union des deux mers ce qu'avait été Isabelle la Catholique pour la découverte de l'Amérique. » Ainsi naquit une nouvelle cause de mésintelligence entre le cabinet anglais et Napoléon III.

La Porte ne voulant ni se fâcher avec l'Angleterre, ni mécontenter l'Empereur, louvoya tant qu'elle put. Thouvenel ne la laissa pas se dérober : à la veille de quitterConstantinoplepour prendre le ministère, il avait, après seize séances de délibération, obtenu du divan un appel aux puissances pour régler les questions politiques et internationales, résultant dun projet qu'en ce qui

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