‹ L'empire libéral; études, récits, souvenirsChapitre 111 sur 260 · Né le 22 juin · texte numérisé non relu

Né le 22 juin

256 L'EMIPRE LIBERAL.

le ressentit pour l'agrandir à de plus vastes proportions qu'au rétablissement d'une autonomie communale : il rêva de constituer une patrie et de se venger de la conquête du Piémont en l'absorbant dans une grande Italie. Cette vision s'empare de son enthousiaste imagination, il s'y abandonne sans réserve : il eût pu vivre riche^ heureux, il choisit d'être l'apôtre et le martyr de la rédemption nationale.

Fuyant les distractions vulgaires, accordant peu aux exigences de la jeunesse, mêlant une haute mélancolie aux sarcasmes d'une passion concentrée, il consacrait ses jours et une partie de ses nuits à l'étude, aux entretiens avec des camarades auxquels il s'efforçait de communiquer sa passion. Ils l'écoutaient et lui accordaient déjà une admiration justifiée par l'autorité et la séduction de sa personne, non moindre que celle de ses discours. Sur un petit corps maigre, un visage au teint olivâtre encadré de longs cheveux noirs tombant sur les épaules, un front proéminent et vaste, des yeux noirs en saillie, très expressifs, des lèvres fortes, également prêtes à la véhémence et au sourire ; dans l'ensemble un agrément de puissance et de douceur tout à la fois. Les romantiques de toutes les littératures le passionnaient, mais Dante était son véritable culte : il voyait en lui le prophète de l'unité nationale; dans la Béatrice qui apparut au poète* au milieu d'un nuage de fleurs formé par

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