‹ L'empire libéral; études, récits, souvenirsChapitre 135 sur 260 · ANGLAISE. SA RETRAITE. SA MORT · texte numérisé non relu

ANGLAISE. SA RETRAITE. SA MORT

Tant que Talleyrand avait consenti à libeller les idées de Palmerston, il n'avait eu que des satisfactions ; dès qu'il fut obligé de les contredire, il n'éprouva que des dégoûts. La disposition au respect n'était pas fortement développée chez le ministre anglais; il était, d'ailleurs, impatienté de l'importance exagérée que se donnait le vieux Talley, comme il l'appelait. 11 finit par le prendre de très haut avec lui, fixant des rendez-vous auxquels il n'était pas exact, et il le fit parfois attendre plusieurs heures dans les antichambres du Foreign Office. Les mauvais procédés personnels produisirent sur le vieux diplomate, déjà habitué au rôle de féti-

che, un effet de désenchantement auquel ne l'avaient pas conduit les irrévérences envers sa nation. « 11 quitta l'Angleterre fortement affecté de l'arrogance et de la présomption anglaises^ » Alors, il jeta au vent son dogme diplomatique de l'alliance anglaise avec autant de sans-façon qu'il avait classé parmi les antiquailles son dogme politique de la légitimité. Tout à coup, cette alliance, la conviction de toute sa vie, qui seule pouvait assurer la paix du monde, l'affermissement des idées libérales, les progrès de la vraie civilisation, devint un péril, tout au plus une superfluité. a Nous avons, depuis quatre ans, écrivait-il à M"'" Adélaïde, en annonçant sa demande de rappel (12Jnovembre 1834), eu de l'alliance tout ce qu'elle pouvait nous donner d'utile. Puisse-t-elle ne rien nous transmettre de nuisible! »

Talleyrand sortait, en 1834, de son second essai de l'alliance anglaise aussi déconfît que du premier, en 1815. Dès lors, il recommanda un rapprochement avec les puissances continentales, surtout avec l'Autriche. Il revenait à sa véritable pensée. Pendant le temps même qu'il conseillait le plus à Louis-Philippe de s'accoler à l'Angleterre pour consolider sa dynastie, et qu'il s'amusait de faire enrager Metternich par ses succès à Londres, il conservait au fond de l'ame une sympathie autrichienne, cette fois désintéressée. Sauf sur le principe répudié de

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