Spencer Walpole, t. II, p. 2 et
2. Il résulte des mémoires de Stockman que le prince Albert fut le principal inventeur de la candidature et que jusqu'au dernier moment il en espéra le succès.
Il essaya de faire surgir à Paris le conflit armé, nécessaire à la revanche de son amourpropre. Son ambassadeur, Xormanby, reproduisit une conversation de Guizot que celui-ci déclara inexacte en rappelant que tout compte rendu, fait par un agent étranger d'une conversation, n'a un caractère d'aullienticité et d'irréfragabilité que s'il a été soumis préalablement à celui dont on rapporte les paroles. Il ajoutait que si Normanby s'était conformé à cet usage il aurait parlé autrement et peut-être mieux. Normanby maintint l'exactitude de son rapport, et y ajouta une impertinence en déclarant publiquement que Guizot n'avait été invité à l'une de ses fêtes que par méprise. Palmerston prit parti pour Xormanby. Sans consulter le cabinet, il informa l'ambassadeur français à Londres que si son agent ne recevait pas satisfaction, les relations cesseraient entre les deux pays. Russell, instruit accidentellement de cette menace, eut le temps d'en empêcher la transmission ; il exigea en outre que Normanby fût averti de tenir une conduite plus réservée à l'avenir V.
Palmerston n'avait pas réussi à provoquer la rupture extrême. Mais, de ce moment, « une haine profonde contre le gouvernement français s'est emparée de l'Angleterre. Livrée aux influences d'une détestable rancune personnelle^ elle cherche ses appuis dans les partis les plus exaltés'. » De ce moment nous sommes en dés-
i . Walpole, t. Il, p. 8.