‹ L'empire libéral; études, récits, souvenirsChapitre 162 sur 260 · COBDEN · texte numérisé non relu

COBDEN

des Normands, c'est une des plus colossales bouffonneries de la crédulité humaine. Un Anglais s'éleva contre de pareilles insanités, Richard Cobden, nom cher aux Français autant que celui de Fox.

Certainement il y a eu quelque excès dans l'attachement systématique de ce grand homme à la paix. Une guerre légitime a aussi des bienfaits ; « les batailles ne sont pas plus des plaies faites au genre humain que les sillons ne sont des plaies faites à la terre. Depuis cinq mille ans toutes les moissons s'ébauchent par la charrue et toutes les civilisations par la guerre \ » Il n'y a de néfaste, de barbare, de contraire au développement normal du genre humain, que les antipathies entre peuples, uniquement fondées sur des préjugés, des mensonges et des ignorances. Où elles résultent d'un antagonisme forcé , de ressentiments légitimes , il ne sert de rien de les dissimuler, elles éclatent à tout propos; où au contraire, comme entre nous et l'Angleterre, elles ne reposent que sur des malentendus, des fausses histoires, des suppositions aussi fantastiques que celles de Palmerston et de Wellington, les dissiper par l'exposé de la vérité, c'est être un véritable apôtre de civilisation. Cobden se donna cette tâche; il la remplit pour la première fois alors avec une verve de bon sens et une force d'évidence qui l'ont élevé à une hauteur où il se soutiendra d'autant

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