‹ L'empire libéral; études, récits, souvenirsChapitre 163 sur 260 · Victor Hugo, Discours de réception à l'Académie. T. u · texte numérisé non relu

Victor Hugo, Discours de réception à l'Académie. T. u

326 L'EMPJRE LIBÉRAL.

plus qu'on s'éloignera davantage des émotions passagères contre lesquelles il a lutté.

Toutefois Palmerston ne poussa pas l'inimitié contre Guizot et Louis- Philippe jusqu'à travailler à leur chute. Aucun ministre anglais depuis 1830 ne s'est mêlé de nos affaires intérieures et n'a machiné quoi que ce soit contre notre gouvernement légal. Quand le comte de Chambord vint jouer le roi à Belgrave-Square (novembre 1843), la reine, sur le conseil de Robert Peel et d'Aberdeen, refusa de le recevoir. Plus tard elle ne parut pas même soupçonner la présence à Londres du prince Louis-Napoléon. Palmerston n'a pas admis qu'il se fût écarté de ses loyaux précédents, il s'est défendu d'avoir été l'artisan d'une chute dont les causes sont trop faciles à trouver ailleurs'.

1. Discours du 25 juin 1850 : « C'est donc, le croirez-vous, l'aversion que j'éprouvais pour M. Guizot, inspirée par ces niaria^res espagnols, qui a renversé son administration et, avec elle, le trône de France! C'est calomnier la nation française que de supposer que la haine personnelle d'un étranger quelconque envers un de ses ministres était capable de produire un pareil résultat. Pour un peuple brave et généreux comme celui-là, s'il avait cru qu'une conspiration étrangère avait été ourdie contre un de ses ministres (Immenses applaudissements qui empêchent L. Palmerston de terminer sa phrase) et s'il avait pensé que ce noyau de conspirateurs étrangers avait des auxiliaires en France, eh bien', je dis que le peuple français se serait serré autour de l'homme contre lequel cette cabale avait été formée et ne l'en aurait que mieux défendu. » (Au speaker.) « Non, Monsieur, le ministre français et la monarchie française ont été renversés par des causes bien autres que celles-là. »

Page 1