GIOBERTI ET BALBO
mont, était la forme naturelle et nécessaire de l'indépendance. Objecterait-on que la présidence du Pape supposait un pouvoir civil joint au pouvoir religieux, il répondait que c'était en effet selon lui la prérogative de tout le sacerdoce. Toutefois l'avenir dépendait surtout du Piémont, puisque seul il possédait une armée nationale : c'est par lui qu'au moment opportun s'opérerait l'affranchissement auquel, il y a trois siècles , Machiavel conviait en vain les princes. Oubliant ses souffrances, ses justes ressentiments, l'exilé, en termes émouvants, adressait au roi par lequel il avait été exilé l'exhortation du secrétaire florentin à Laurent de Médicis : <( Prince vaillant, l'Italie a la confiance que son rédempteur sortira de votre race. »
Le livre des Speranze, imprimé à Paris, avait été composé à Turin , à quelque distance du palais de Charles-Albert. Son auteur, Cesare Balbo*, d'un caractère impétueux, mais d'une haute sérénité d'esprit, abondamment pourvu de doctrine forte, variée et originale, d'une rare fécondité, puisqu'il avait écrit en quarante jours son Sommario classique de Thistoire d'Italie, était à la fois, et avec une égale conviction, libéral et religieux, national et monarchique : il professait « l'horreur des brèves vertus et des longs vices républicains ».
Des différences graves existaient entre les deux œuvres : plus d'esprit ecclésiastique se