sé le 21 novembre
remarquait dans celle de Gioberti, plus de prévision d'État dans celle de Balbo ; celle-ci était précise et cohérente autant que l'autre désordonnée et redondante ; Balbo avait l'instinct juridique que Gioberti ne soupçonnait pas. Balbo réprouvait aussi les moyens révolutionnaires et les sectes, il admettait la confédération des princes du Primato en retranchant et ajoutant. Il retranchait la présidence du Pape : fidèle à la séparation du temporel et du spirituel, il ne concevait pa3 le sacerdoce investi d'un pouvoir civil, sauf à Rome et dans les Légations. Là, il le jugeait indispensable, et son objection principale contre un règne d'Italie était l'incompatibilité avec la souveraineté temporelle du Pape. Que deviendrait le Pape en un règne d'Italie? En serait-il le roi? Ce n'est pas possible. Deviendrait-il sujet? Alors il serait, non le sujet douteux du monarque universel comme au pire moment du moyen âge, mais le sujet effectif d'un roi particulier. Ni les catholiques, ni même les non-catholiques, pas même tous les Italiens, ne toléreraient une dépendance contraire aux intérêts et aux destinées de la catholicité. La glorieuse prédestination de l'Italie était de rester la forteresse du siège pontifical; à aucun prix, elle ne devait pas renoncer à cette primauté par laquelle elle était élevée audessus de toutes les nations. Partout ailleurs il maintenait l'incompétence du pouvoir religieux en matière civile et la convenance de l'écarter des affaires d'État. Balbo ajoutait qu'il ne fallait