Mémoires^ t. P^ p
riage sa liaison publique avec l'américaine M"^ Grand.
Partisan de l'alliance anglaise avec Mirabeau, il en devient l'ennemi avec Bonaparte.
Nullement martial, ni soucieux de l'expansion de la France, il eût préféré à toutes les époques une politique de paix; cependant il ne refusa à personne de s'adapter à une politique de guerre.
Ministre des relations extérieures du Consulat et de l'Empire, sa sagesse se réduisit à être toujours de l'avis de Napoléon, quel qull fût, à l'approuver, à l'admirer, à le défendre, à devancer par le conseil le désir en formation encore indécise dans l'esprit du maître. Eût-il été étranger ou contraire à l'enlèvement et à l'exécution du duc d'Enghien, comme Cambacérès le fut, il les eût néanmoins justifiés. Mais il avait énergiquement poussé aux dernières extrémités à l'égard de l'infortuné prince, u Vers deux heures du matin, chez la vicomtesse de Laval, nonchalamment étendu dans un fauteuil, il tira lentement sa montre sans que sa voix ni son visage décelassent la moindre émotion, et il dit : « En « ce moment le dernier des Condé a cessé d'exister \ » 11 n'exprimait pas une opinion de commande en répondant, le lendemain, à l'un des principaux fonctionnaires de son ministère, qui se présentait à lui la figure bouleversée : « Eh bien! êtes-vous fou? Pourquoi faire tant de bruit? Un conspirateur est saisi près de la fron-