ViTROLLES, Mémoires, t. I^'", p. 23o
tière, on ramène à Paris, on le fusille : qu'est-ce que cela a d'extraordinaire*? » Il se défendait personnellement en s efforçant d établir, dans une note au duc de Baden, la légalité de l'enlèvement.
De même, il ne fut pas seulement résigné à la conquête de l'Espagne. Croyant plaire, il en suggéra le projet : c'était une des plus belles portions de 1 héritage du grand roi, et l'Empereur devait le recueillir tout entier. « Il n'y a plus sur le trône, disait-il dans un mémoire remis à Fontainebleau, qu'une seule branche de la maison de Bourbon , celle dEspagne , qui , placée sur nos derrières quand il s'agit de faire face aux puissances d'Allemagne, sera toujours menaçante. Lors des guerres que la France pourrait soutenir soit vers le Nord, soit en Italie, elle paralyserait une partie de nos forces et serait un objet, continuel d'inquiétude. Le moment est venu de déclarer que la dernière branche de la maison de Bourbon a cessé de régner. Un prince de la maison impériale occupant le trône d'Espagne, le système de l'Empire sera complet. La Prusse écrasée, la Russie affaiblie en hommes et en argent par une guerre malheureuse, la Confédération du Rhin consolidée, l'existence du royaume d'Italie assurée, les liens de l'amitié resserrés avec l'Orient, ne laissent rien à craindre de la malveillance de J'Autriche. Votre Majesté a donc devant elle le