‹ L'empire libéral; études, récits, souvenirsChapitre 186 sur 260 · DANOIS · texte numérisé non relu

DANOIS

Le roi de Prusse fut moins rebelle aux revendications constitutionnelles. Aller jusqu'à l'établissement de véritables États du royaume lui paraissant encore excessif, il accorda quelque

équivalent : il institua par trois décrets du 3 février 1847 un Plénum, réunion générale des huit États provinciaux, à convoquer toutes les fois que les besoins de TÉtat nécessiteraient des emprunts ou Taugmentation des impôts existants. Cette réunion transitoire n'enlèverait pas à chaque État son individualité distincte. Le Landtag, réuni selon la règle des États provinciaux, se composerait de deux curies : la curie des seigneurs où siégeaient les princes et la haute noblesse; la curie des trois états comprenant les députés des biens nobles, des villes et des communes rurales. Chacune des curies délibérerait séparément, si ce n'est lorsqu'il s'agirait d'impôts.

A la séance d'ouverture du premier Landtag réuni 11 avril 1847, le roi expliqua la nature de ses concessions dans une harangue d'une expansive éloquence : < Aucune puissance de la terre ne pourra jamais m'amener à changer les rapports naturels entre le souverain et son peuple... Jamais je ne permettrai qu'une feuille écrite vienne s'interposer pour jouer le rôle d'une seconde providence entre Dieu, notre Seigneur du ciel et ce pays, pour nous gouverner par ses paragraphes et remplacer par eux l'antique, la sacrée fidélité. La couronne ne peut pas, elle ne doit pas plier à la volonté des majorités... Il a plu à Dieu de fonder par l'épée la grandeur de la Prusse, par l'épée de la guerre au dehors, par l'épée de l'esprit au dedans. De même que dans un camp, à moins d'un péril

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