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CONCESSIONS DU ROI DE PRUSSE

imminent ou d'une incroyable démence, une seule volonté doit tout conduire, ainsi les destinées de notre pays, s'il ne doit être immédiatement précipité de sa grandeur, doivent être dirigées par une volonté unique... Je vous donne ma parole de roi que je ne vous aurais pas convoqués si j'avais eu le moindre doute que vous puissiez songer à jouer le rôle de soidisant représentants du peuple. »

La partie impatiente du public fut exaspérée de désenchantement. (( Nous t'avons demandé du pain, disait unebrochure d'Heinrich Simon, et tu nous as donné une pierre. » Les clairvoyants ne jugèreiit pas de même. « Lorsque Votre Majesté convoquerasixcentsdéputésprovinciaux, comme tels, annonça Metternich au roi, ceux-ci se sépareront comme États généraux. » Il en fut ainsi en réalité. Dès le début les vues du souverain rencontrèrent, dans l'adresse, une contradiction respectueuse mais formelle, une improbation qui, pour être exprimée dans des termes adoucis, n'était pas équivoque. Puis un projet des banques provinciales, reconnu excellent en soi, fut déclaré inopportun aussi longtemps que les Etats ne se verraient pas investis du droit de contrôle permanent sur l'administration des finances. Le roi eut beau protester, ne pas approuver, se débattre, il fut virtuellement entraîné où il avait refusé d'aller. « Il ne voulait pas d'Etats généraux, il les eut dans les États réunis ; il ne voulait pas leur subordonner toute la législation, ils s'en emparèrent ; il avait re-

poussé la périodicité des réunions, elle allait lui être imposée \ » Le premier Landtag réuni se sépara le 26 juin 1847, le roi et les députés également mécontents les uns des autres, ayant les uns et les autres la conscience que le transitoire dont on venait de tenter Texpérience était condamné, qu'on irait beaucoup au delà ou qu'on rétrograderait aux yieilles institutions.

Dans cette session s'était fait remarquer, parmi les défenseurs acharnés de la prérogative royale, un jeune Junker, membre de la petite noblesse, Otto de Bismarck Schœnhausen, dont le nom apparaissait pour la première fois dans l'histoire. Il était né le V" avril 1815, le quatrième de six enfants, dans un petit village de la Marche de Brandebourg où sa famille possédait un domaine depuis des siècles. Il avait du sang de cuirassier par son père, officier de cavalerie en retraite, du sang de professeur par sa mère, fille d'un Meneken, fonctionnaire mis en disgrâce en 1792, à la suite d'une protestation contre la guerre déclarée à la Bépublique française. La froideur de sa mère, tout intellectuelle, contrastait avec l'humeur chaleureuse de son père.

Envoyé à l'âge de sept ans dans un pensionnat, il se montra impatient de la claustration scolaire, indolent et silencieux; mais « son regard clair et profond semblait aspirer tout ce qu'il voyait ». A l'Université il devint un gai et

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