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Je choisis ce Irait entre bien d'autres

Pultkammer, plus jeune que lui de neuf années. 11 la demanda en mariage. « Une telle demande delà part d'un tel homme, répondit la mère, est une insolence. )^ Les cœurs des jeunes filles ont parfois des raisons que la raison des mères ne connaît pas. La demoiselle n'estima pas la demande insolente ; elle finit par en convaincre sa mère^

Par une coïncidence fatidique, dans les années mêmes qui virent Féclosion de Bismarck à la vie politique, s'ouvrit en Allemagne cette question des duchés danois qui devait lui fournir la première occasion de fortune. Palmerston a dit depuis « que deux personnes seulement l'avaient comprise, le prince Albert et lui; le prince était mort, et lui l'avait oubliée ». La question n'est pas compliquée si Ion ne s'engage pas dans les arguties incompréhensibles et inutiles sous lesquelles chacune des parties en conflit a caché son jeu.

Les deux duchés avaient été rattachés par un lien héréditaire, mais tout personnel, au roi de Danemark, à la condition de conserver une certaine autonomie et de rester unis entre eux. La diftîculté provenait de ce que le Sleswig était habité en majeure partie par des Danois et le Holstein par des Allemands. De là deux prétentions opposées : le Danemark voulait à cause des Danois s'annexer même les Allemands et faire des deux duchés, ou tout au moins du Sleswig,

1. Le mariage fut célébré le 13 juillet 1847. Il en est né trois enfants.

LES DUCHES DANOIS. 375

une partie intégrante du royaume ; l'Allemagne à cause des Allemands voulait attirer même les Danois et adjoindre les duchés ou tout au moins le Holstein, comme un État de plus, à la Confédération germanique. Les partisans de la doctrine des nationalités étaient contraires à l'une comme à l'autre de ces solutions. L'accouplement forcé des duchés pouvait être historique, conforme au droit moisi des parchemins ; il leur paraissait monstrueux, contraire au droit vivant du monde moderne. Il n'y avait qu'à laisser chacun aller librement où son cœur et son intérêt l'attiraient, les Danois du Sleswig au Danemark, les Allemands du Holstein à la Confédération germanique.

Mais pas plus en Danemark qu'en Allemagne, les principes équitables de la théorie des nationalités n'étaient pris en considération et les deux appétits rivaux restaient en présence. Les professeurs qui, du côté de l'Allemagne, traitaient cette affaire et sous prétexte de Téclaircir l'embrouillaient dans leurs livres, attendaient la mort du roi de Danemark pour créer une agitation populaire. Leur système était tout préparé avec divagations à l'appui : les duchés et le Danemark ne devaient pas être considérés comme soumis à la même règle de droit; le Danemark devait échoir à la ligne féminine, les duchés être dévolus au plus proche agnat, le duc d'Augustenbourg. Ainsi les deux duchés auraient été tout naturellement pris au Danemark et englobés dans la Confédération germanique. Le roi

Christian, qui ne voulait à aucun prix du démembrement de son royaume, décida que l'ordre de succession du Danemark serait valable au moins pour le SlesAvig. Cette décision mit l'Allemagne en feu sans distinction de partis. La Diète n'ayant protesté qu'avec modération fut couverte d'invectives; elle avait montré, disait-on, la bassesse du chien qui remue la queue sans mordre.

Cet incident accrut l'ébullition légale que le réveil politique de la Prusse avait suscitée. En Bavière le roi congédia son ministre ultramontain, Abel, qui refusait de donner le titre de comtesse à sa maîtresse, la danseuse espagnole Lola Montés : il octroya à ses sujets la liberté de la politique afin de s'assurer à lui-même la liberté du plaisir.

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