‹ L'empire libéral; études, récits, souvenirsChapitre 211 sur 260 · Discours du 4 février · texte numérisé non relu

Discours du 4 février

eux* )>, puis il proclamait l'obligation de respecter les traités de 1815, ce qui supprimait toute question de territoire vis-à-vis de n'importe qui. L'impatientant de ces rodomontades était qu'il y mêlait à tout propos des invocations au bon sens, oubliant le premier axiome du bon sens, celui donné par Machiavel : « frappe ton ennemi si tu le peux mais ne le menace pas. »

La diplomatie étrangère un peu déconcertée d'abord par les propos superbes des fanfarons, en arriva vite à pénétrer qu'ils ne menaçaient et ne frapperaient pas, que dès qu'on élèverait la voix ou qu'on les regarderait tranquillement en face, ils se blottiraient dans des trous, ou tout au moins déclareraient n'avoir rien dit. Au plus fort de la crise de 1840, Thiers raconta au chargé d'affaires anglais, Buhver,!que si l'Angleterre n'acceptait pas un certain arrangement, son intention personnelle était de proposer au conseil de se prononcer pour le paHi5, la g-uerre <iût-elle en résulter avec l'Angleterre. Bulwer, craignant les effets incalculables d'une telle déclaration, avant d'expédier à Palmerston sa dépèche, vint la communiquer à Thiers afin qu'il pût la corriger si elle lui paraissait inexacte. Thiers la lut et lui dit : « Mon cher .Buhver, comment pouvez-vous vous tromper à ce point; TOUS gâtez une belle carrière ; n'allons pas compromettre l'avenir plus qu'il ne faut; n'en-

Page 1