Discours du 20 janvier
voyez pas cette dépêche. » Le fanfaron n'envoie jamais la dépêche décisive.
Par malheur, les peuples ne pouvant lire audessous des phrases comme les politiques perspicaces, supposaient ce tapage sérieux, et le croyaient l'expression de notre pensée commune. Ils s'en inquiétaient, se disant entre eux : a Ces Français qui prêchent la fraternité universelle sont des fourbes, ne songeant en réalité qu'à s'arrondir à nos dépens ; leur désintéressement n'est, comme le prétendent nos professeurs, qu'une ruse : ils veulent nous tenir endormis afin de mieux nous dépecer à l'heure propice ; veillons. » Henri Heine a très bien noté cette influence néfaste : « M. Thiers, par son bruyant tambourinage, réveilla de son sommeil léthargique notre bonne Allemagne. . . Si jamais nous devenons un peuple, M. Thiers peut bien dire qu'il n'y a pas nui, et l'histoire allemande lui tiendra compte de ce mérite'. » Metternich écrivait, de même, à Apponyi à Paris (8 novembre 1840) : (( M. Thiers aime à être comparé à Napoléon ; eh bien ! en ce qui concerne l'Allemagne, la ressemblance est parfaite et la palme appartient à M. Thiers. 11 lui a suffi d'un court espace de temps pour conduire ce peuple où dix ans d'oppression l'avaient conduit sous l'Empereur i. L'Allemagne tout entière est prête à accepter la guerre et cela de peuple à peuple. Il a soulevé l'esprit public contre la France dans