Talleyrand, MémoireSy t. H, p
léon, écrivait de Pétersbourg Joseph de Maistre, perd évidemment la tète en s'avançant ainsi qu'il le fait; il ne peut plus être sauvé que par son étoile, mais quand on se fie aux étoiles, à la fin on est dupe... Je ne sais en vérité comment ce furieux se tirera de là M »
Cette expédition, qui, de l'avis de Wellington et de beaucoup d'excellents juges militaires, eût été désastreuse en tout cas, même indépendamment des rigueurs d'un hiver précoce, a été la véritable cause de la perte de Napoléon. Jusque-là il n'avait commis aucune faute, pas même la guerre d'Espagne, qui ne pût être réparée. A Moscou, à la lueur du Kremlin en flammes, il reçut le coup mortel auquel il n'a pas survécu. A partir de ce moment fatal, son histoire n'est plus que celle d'une agonie gigantesque.
Jusqu'au bout Talleyrand hésita à croire à la catastrophe qu'il souhaitait et préparait depuis Erfurt. On rapportait de lui des expressions de haine contre l'Empereur, des vœux ardents contre sa personne et son pouvoir, mais jamais des partis pris ou à prendre -. Pendant la campagne de France son principal souci était qu'on n'accordât des conditions trop douces au défen-