‹ L'empire libéral; études, récits, souvenirsChapitre 34 sur 260 · Mémoires, t. II, io9, 281, 28o · texte numérisé non relu

Mémoires, t. II, io9, 281, 28o

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surprise que T attachement au principe de la légitimité n entre que 'pour très peu dans les dispositions de lord Castlereagh et même du duc de Wellington, à regard de Murât. C'est un principe qui ne les touche que faiblement et que même ils ne paraissent pas très bien comprendre. C'est riiomme qu'ils détestent dans Murât, beaucoup plus que l'usurpateur. Les principes suivis par les Anglais, dans rinde, les éloignent de toute idée exacte sur la légitimité . » — Encore à Louis XVIII, 23 avril 1815 : « L'empereur Alexandre, qui comprend peu le principe de la légitimité, sans attendre de connaître l'opinion du cabinet anglais, a fait insérer dans la Gazette de Francfort un article qui porte que les puissances ne veulent que renverser Bonaparte, mais qu'elles ne prétendent nullement se mêler du régime intérieur de la France, ni lui imposer un gouvernement, et qu'elle sera libre de se donner celui qu'elle voudra. »

Il y avait quelque chose que les souverains comprenaient encore moins que le principe de la légitimité, c'est la valeur politique de la maison de Bourbon qui le représentait en France. Loin de souhaiter son retour, Alexandre le redoutait. « Si vous les connaissiez, avait-il dit à Vitrolles, vous seriez persuadé que le fardeau d'une telle couronne serait trop lourd pour eux... Peut-être une république bien organisée conviendrait-elle mieux à l'esprit français. Ce n'est pas impunément que les idées de liberté ont germé pendant longtemps dans un pays tel

que le vôtre. Elles rendent bien difficile l'établissement d'un pouvoir plus concentrée »

Les Anglais pensaient comme Alexandre. « La cause des Bourbons, disait Castlereagh aussi à Yitrolles, est tout à fait impopulaire en Angleterre. On y trouverait difficilement un journal qui osât se prononcer en leur faveur. » Les autres souverains s'exprimaient non moins défavorablement sur les princes de la maison de France ^

Ils rétablirent les Bourbons comme un pis aller, par convenance politique du moment, parce qu'aucun arrangement pratique meilleur ne leur fut suggéré pour se débarrasser de Napoléon. Le seul légitimiste de tous ces hommes d'État, Metternich, attribuait si peu le rétablissement des Bourbons à l'efficacité du principe de la légitimité qu'il écrivait de Paris (15 juillet 1815) : « Le roi a été accueilli comme tout souverain assis sur le trône de France. Si demain je m'y plaçais, j'y ferais fureur. » Il donnait formellement ailleurs les motifs de la conduite des alliés : « C'est au principe de paix qui forme la base première et essentielle de la quadruple alliance que la France doit de n'avoir pas été morcelée en 1815 ^ » Talleyrand, avec sa désinvolture habituelle. Ta confessé dans son testament : « Le rappel des princes de la maison

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