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SA LUTTE CONTRE LES RÉVOLUTIONS

La stabilité est la première condition de durée de l'empire d'Autriche Aussi son chancelier ne considérait-il pas le progrès et par suite le mouvement comme le but de Texistence sociale; à ses yeux, c'était le repos. Toutefois la tranquillité d'un grand peuple ne saurait être un fait isolé, elle est subordonnée à la sécurité générale. Établir le repos général lui semblait le véritable but de l'activité des hommes d'État. Or l'ennemi de ce bien c'était le principe faux, désastreux, aboutissant à une perpétuelle instabilité, inauguré par la Révolution française sous le nom de souveraineté du peuple. Il fallait le combattre par le principe de la légitimité du pouvoir absolu des princes, et au plan de la destruction universelle opposer la conservation de toute chose légalement existante.

11 ne méconnaissait pas la nécessité des sages améliorations, car la stabilité n'est pas l'immobilité, pourvu que l'initiative en fût réservée à ceux qui supportent la lourde tâche du gouvernement. Dans tous les cas, au milieu du tumulte des désordres, il n'y avait pas à réformer, mais uniquement à se défendre contre la subversion.

Toutes les formes des idées modernes l'horripilent, cependant son antipathie la plus déclarée était contre le libéralisme. « Que Dieu garde les pauvres humains, s'écrie-t-il, dïine politique libérale ! » Esprit libéral lui paraît synonyme de manque de tout bon esprit. Les Heine, les Chateaubriand, les Canning sont des fléaux de l'humanité. Aucune institution libérale ne mérite le respect. Les Chambres ont été inventées pour rendre la tache facile quand il s'agit de charger le peuple de nouveaux impôts, pour la rendre difficile quand on veut gouverner selon son intérêt bien entendu. La liberté de la presse perd le corps social : aucune loi répressive n'est efficace pour la contenir; la censure préventive est son régime naturel.

La nation, la France, à laquelle le monde devait la propagande des principes de souveraineté nationale et de liberté, lui inspire autant de mauvaise humeur que les hommes d'État libéraux et que les institutions constitutionnelles. C'est une véritable Babylone pourrie jusqu'à la moelle des os ; les éléments moraux y sont éteints ; c'est la caverne d"où part le vent qui souffle la mort sur le corps social ; elle est la source intarissable des maux de l'Europe ; le trouble-fête particulièrement haïssable dans sa passion de protéger quelqu'un ou quelque chose.

Ses idées sur les rapports internationaux correspondent à ses vues sur Torganisation des Etats. Le congrès de Vienne avait établi Tordre européen définitif : rien à y changer. Il profes-

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