‹ L'empire libéral; études, récits, souvenirsChapitre 74 sur 260 · GUERRE D'ESPAGNE · texte numérisé non relu

GUERRE D'ESPAGNE

argumentation : « Si cette guerre que vous allez faire à l'indépendance de l'Espagne est juste, celle que vous fît l'étranger il y a trente ans l'était donc aussi? » Il ne concéda pas non plus qu'il subsistât quelque chose du principe de non-intervention sous l'exception par laquelle on l'étouffait. « 11 s'agit en réalité, dit-il, de ce droit d'intervention dont les gouvernements absolus ont créé il y a cinquante ans la facile théorie et la terrible pratique. »

Cependant les promesses données lurent observées : la liberté des Espagnols ne fut pas violée ^ ; le duc d'Angoulême" et Villèle^ conseillèrent instamment au roi restauré d'accorder des garanties à ses peuples, d'assurer la bonne administration des finances par l'établissement de deux Chambres ; l'escadre française servit d'asile aux hommes compromis de Cadix. Toutefois le conseil ne devint pas de l'exigence ni l'insistance de la pression. Quoique nos avis eussent été dédaignés, un certain ordre matériel rétabli, nous retirâmes nos troupes, laissant les Espagnols à eux-mêmes. Cette expédition, par cela qu'elle était contraire à la doctrine des na-

1. «Espagnols, disait la proclamation du duc d'Angoulême, tout se fera par vous et avec vous : les Français ne sont et ne veulent être que vos auxiliaires; les provinces traversées par nos soldats seront administrées, au nom de Ferdinand, par des autorités espagnoles. Nous ne prétendons ni vous imposer des lois, ni occuper votre pays. Nous ne voulons que votre délivrance. »

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