‹ L'empire libéral; études, réits, souvenirs (volume 2)Chapitre 110 sur 240 · LA NEUTRALITÉ BELGE · texte numérisé non relu

LA NEUTRALITÉ BELGE

préférable. Quoique organisé contre nous, il avait gardé la liberté des alliances. Rien ne s'opposait à ce que, par la suite, sous la menace de la prépotence allemande, d'ennemi il ne devînt allié, ce qui est advenu au Piémont, autre puissance rétablie de même contre nous.

Du reste, s'il avait existé quelque doute sur l'intention antifrançaise de la neutralité belge, il fut dissipé par le choix du prince auquel la conférence confia la mission de la pratiquer. Léopold de Saxe-Cobourg, notre ennemi par tradition et par instinct, avait été Tun des premiers princes qui donnèrent le signal du soulèvement germanique, et avait combattu contre nous à Lûtzen, Bautzen,Hanau. Par son premier mariage avec la princesse Charlotte, princesse de Galles, par celui de sa sœur avec le duc de Kent, père de la reine Victoria, il était devenu prince anglais. On le savait en France. A la nouvelle de sa candidature, notre ministre des affaires étrangères, Sébastiani, s'emporta jusqu'à dire : « Si Saxe- Cobourg met le pied en Belgique, nous lui tirerons des coups de canon. — Eh bien, ripostèrent les délégués belges, nous chargerons les Anglais d'y répondre. » On ne vint à bout de cette résistance qu'en menaçant Louis-Philippe de la candidature d'un membre de la famille des Napoléon* et en lui demandant la main, en secondes noces, de Tune de ses filles pour le nouveau roi. Dès que le prince germano-anglais

Page 1