DIFFICULTÉS DE L'ALLIANCE ANGLAISE
ressèment, à l'appel des Belges il envoie, sans consulter la conférence, cinquante mille hommes contre les Hollandais redevenus agressifs, et s'empare d'Anvers \eux dernier réduit. Palmerston n'avait pas eu le temps de s'opposer et avait adhéré de mauvais gré. Les Belges hors de péril, quoique se déclarant de plus en plus notre ami, il ne garde pas même les ménagements dont Canning avait usé à propos de l'Espagne : sans souci des embarras intérieurs de notre ministère, il le somme avec une impatience impérieuse de faire déguerpir nos troupes ; sinon ce sera la guerre*.
Cherchant un adoucissement à toutes ces résignations dont l'opinion publique française n'était pas satisfaite. Talleyrand dit à l'oreille de Palmerston : « N'y aurait-il pas moyen de faire un arrangement par lequel le Luxembourg pourrait être donné à la France ? — Non, répond l'Anglais. — Mais, dit alors Talleyrand, ne pourrions-nous pas au moins obtenir Philippeville et Marienbourg? — Pas davantage, riposte Palmerston. Nous ne vous donnerons pas même une vigne ou un potager^. » Sans aucun doute Palmerston avec raison jugeait sans dignité ces tentatives de grignotement , comme il disait. Eussent-elles réussi, elles n'auraient guère
1. Palmerston à Granville : « Une chose est cerfaine, c'est qu'il faut que les Français sortent de la Belgique, ou bien il y aura une guerre générale, et cela dans un petit nombre de jours. »