‹ L'empire libéral; études, réits, souvenirs (volume 2)Chapitre 112 sur 240 · GuizoT · texte numérisé non relu

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pour le Rhin ou pour quoi que ce soit pouvant être obtenu sans trop de peine ». A quelque moment qu'on étudie sa manière d'être à notre égard, on est blessé par la discordance entre la parole et l'acte : la parole est amicale, tout au moins courtoise, l'acte hostile ou désagréable; tandis qu'une des mains s'ouvre pour l'étreinte, l'autre se ferme pour serrer l'épée.

Ce contraste se retrouve dans toutes les affaires traitées avec Louis-Philippe. La Belgique veut d'abord s'annexer à nous, puis elle offre la couronne à l'un des fils du roi, le duc de Nemours. A cette nouvelle, Palmerston, tout en se déclarant plus que jamais notre ami, fait décider par la conférence de Londres, dans un protocole secret du 1®^ février 1831, « que dans le cas où la souveraineté de la Belgique serait offerte à des princes des familles qui régnaient en Autriche, en France^ en Angleterre, en Prusse et en Russie, cette offre serait invariablement rejetée ». Talleyrand annonce qu'avant de signer il attendra les ordres de sa cour ; Palmerston lui notifie « que le gouvernement anglais ea^içe le refus du roi à la candidature de son fils; sinon ce sera la guerre* ».

Louis-Philippe obéit à l'injonction, refuse la couronne offerte à son fils. Fort de ce désinté-

1. Talleyrand à Sébastlani, 7 février 1831. Palmerston à Granville, 8 février i831 : « Le cabinet s'est réuni mercredi pour discuter l'élection de Nemours, et a résolu d'exiger de la France un refus, sinon de lui signifier qu'elle devait s'attendre à une guerre. »

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