‹ L'empire libéral; études, réits, souvenirs (volume 2)Chapitre 115 sur 240 · DIFFICULTÉS DE L'ALLIANCE ANGLAISE · texte numérisé non relu

DIFFICULTÉS DE L'ALLIANCE ANGLAISE

déclarer : « Jamais, ou ce sera la guerre'. » Palmerston, le conflit sur notre frontière du Nord, la Belgique, à peine clos, s'engage sur notre frontière du Midi, l'Espagne, dans un antagonisme non moins blessant, plus inquiétant, parce qu'il n'était pas susceptible comme l'autre d'une solution définitive, plus malaisé à concilier, parce que nos droits contestés au Midi étaient plus anciens et plus sérieux que ceux sur lesquels nous avions capitulé au Nord.

La guerre civile sévissait dans la péninsule ibérique. En Portugal, don Pedro, ayant abdiqué sa couronne au Brésil, était venu revendiquer les droits de sa fille Maria contre l'usurpation de son frère don Miguel, et il s'était emparé de Lisbonne (28 juillet 1833) . En Espagne, le roi Ferdinand avait aboli la loi salique avec la sanction des Cortès et attribué par son testament la couronne, au détriment de son frère don Carlos, à sa fille Isabelle âgée de trois ans; Marie- Christine, la mère, devant exercer la régence (29 septembre 1833). Don Miguel n'avait pas accepté sa défaite, don Carlos son exhérédation, et ils confondaient leurs causes. Les absolutistes et les gouvernements du Nord se groupèrent autour d'eux ; les libéraux et les gouvernements constitutionnels de France et d'Angleterre se prononcèrent en faveur de Maria et d'Isabelle.

Cette communauté de vues avec les ministres anglais parut à Talleyrand l'occasion favorable

1, Madame Adélaïde à Talleyrand, 13 février 1833.

de cimenter, par un arrangement formel, une alliance, « la seule capable d'assurer la paix du monde, l'affermissement des idées libérales, les progrès de la vraie civilisation* ». Victor de Broglie l'autorisa à le proposer à Palmerston. 11 ne s'agissait, bien entendu, que d'une alliance défensive, supposant, comme point de départ, le maintien du statu quo européen établi par le traité de Vienne. Le cabinet anglais ne prit pas même le projet en considération. Il ne refusait pas d'être notre ami, pourvu, cependant, qu'il ne cessât pas de l'être aussi des Autrichiens et des Prussiens , qu'un tel arrangement .eût effarouchés. Palmerston répondit même d'une façon bien inattendue à nos offres d'union : il prépara un traité de triple alliance entre l'Angleterre, l'Espagne et le Portugal, pour la pacification de la péninsule, dont la France -était exclue.

^3. COMMENCEMENT DE LA QUESTION d'eS-

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