‹ L'empire libéral; études, réits, souvenirs (volume 2)Chapitre 155 sur 240 · CHARLES-ALBERT · texte numérisé non relu

CHARLES-ALBERT

Vous savez ce que je pense de la politique du Juste milieu, et vous savez dès lors également que vous pouvez compter sur moi. Mais il y aura peut-être des cas où ma conduite pourrait ne pas vous paraître claire ; adressez-vous à moi directement ; écrivez-moi et ne confiez pas vos lettres à la poste, faites-les passer par une main sûre à votre envové à Turin*. » Encore en 1846, à Turin, il répétait à Buol, ministre autrichien : « Jamais je n'accorderai de constitution et jamais je n'en accepterai ni ne m'en laisserai imposer une de quelque manière que ce soit^ »

Ce vasselage auquel il était contraint de se soumettre Thumiliait profondément. La politique des princes de Savoie a été d'aimer et de haïr à tour de rôle, suivant l'intérêt du moment, l'Autriche et la France. Leurs alliances de prédilection étaient la Prusse et l'Angleterre, auxquelles ils attachaient la valeur de contrepoids entre les deux grandes puissances voisines \ A Torigine de son règne Charles-Albert se montra peu favorable à la France ; il lui avait prodigué des témoignages de mauvais vouloir, favorisé Tentreprise de la duchesse de Berry contre Louis- Philippe. En 1840, lorsqu'on parut craindre la guerre, il s'engagea à servir d'avant-garde sur les Alpes à l'armée autrichienne, tandis que ses navires s'uniraient dans la Méditerranée à la flotte anglaise. Le général Durando, en un livre

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