Napoléon
2. Pallain, Le Ministère de Talleyrand sous le Directoire. Introduction, p. 5.
3. Napoléon, Lettres du cap de Bonne-Espérance. Didot, Bibliographie universelle. V. Talleyrand.
talent. Pour se consoler de suivre une politique contraire à ses idées, il dénigrait le Directoire auprès du ministre prussien, Sandoz-RoUin, son confident. « Concevez-vous, lui disait-il, que la République française n'ait que des fous pour agents, pour ministres, pour ambassadeurs? » Il avait surtout pratiqué son principe que a quand on ne peut être bon à rien, il faut, sous peine de folie, penser à soi* ». Il y pensa tant que l'opinion publique, irritée de ses tripotages financiers, l'obligea à donner sa démission (2 thermidor an VII) . Avant de se retirer il avait expédié au général Bonaparte l'ordre officiel de revenir d'Egypte et corroboré cet ordre par une lettre privée à Tamiral Bruix : « Ramenez-le. » Il a néanmoins écrit dans ses mémoires que « le général s'était dérobé à son armée ».
Le 18 brumaire obtint son concours. Après le succès, il se montra plus empressé qu'aucun des royalistes remis en place à restaurer les mœurs et les institutions monarchiques à l'abolition desquelles il s'était appliqué. Il ne déploya pas moins de zèle à négocier le Concordat et à éteindre par ce pacte pacificateur le brandon de discorde allumé avec sa complicité par la constitution civile du clergé. Selon sa règle de ne pas se perdre de vue, il avait glissé sa pacification particulière dans la pacification générale et obtenu du Pape sa sécularisation. Napoléon le contraignit bientôt à régulariser par un ma-