‹ L'empire libéral; études, réits, souvenirs (volume 2)Chapitre 190 sur 240 · Henri Heine, Lutèee · texte numérisé non relu

Henri Heine, Lutèee

qu'il fallait venger dans le sang des Français ie supplice de.Conradin de Hohenstofen que. vous avez décapité à Naples. Vous avez certainement oublié cela, mais nous n'oublions rien, nous* Vous voyez que lorsque l'envie nous prendra, d'en découdre avec vous, nous ne manquerons pas de raisons d'Allemand. Dans tous les cas, je vous conseille d'être sur vos gardes; qu'il arrive ce qu'il voudra en Allemagne, que le roi de Prusse ou le D*" Wirth parvienne à la dictature, tenez- vous toujours armés, demeurez tranquilles à votre poste l'arme au bras ^ »

Nous ne l'écoutâmes pas plus que ses compatriotes ne l'avaient écouté. Ils persistèrent eux dans leur terreur haineuse et nous dans notre confiance candide. Nous nous obstinâmes à n'entendre ni les malédictions, ni les blasphèmes, ni les menaces, et à supposer les autres tels que nous étions nous-mêmes, et comme ceux qui nous souhaitaient le plus de mal savaient h l'occasion nous enguirlander par quelques caresses opportunes, nous répétions* presque tous, avec une naïveté dont on s'amusait beaucoup sous cape dans le monde, nos effusions humanitaires sur la fraternité des peuples, sur la paix, sur l'horreur des conquêtes.

« Souvenez-vous bien, enseignait Lamennais au peuple, qu'à la patrie elle-même vous devez préférer l'humanité, car les peuples ont entre eux les mêmes relations que les familles entre

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