‹ L'empire libéral; études, réits, souvenirs (volume 2)Chapitre 202 sur 240 · LAMARTINE · texte numérisé non relu

LAMARTINE

l'eritente de Thiers et de Palmerston, elle la servit avec un zèle aussi répréhensible que si elle y avait participé. Il est affligeant de rencontrer Lamartine en pareille compagnie.

Au début du règne sa conduite avait été digne de servir de modèle. Légitimiste libéral il s'était spontanément retiré des faveurs du gouvernement nouveau et avait perdu son élection de député à Hondschoote plutôt que d'approuver par une phrase le renversement de Charles X. Il avait non moins énergiquement refus^ de s'enrégimenter à la suite des passions intéressées qui exploitent quelques sentiments généreux, de provoquer des écroulements nouveaux de nature à entraîner la société elle-même. Il pensait alors que celui qui fait luire son soleil sur les méchants comme sur les bons, et qui du fumier fait sortir le lis et l'épi, a seul le privilège de tourner le mal même à l'accomplissement de ses desseins.

Révolté de l'immorale et néfaste coalition de 1839, il aida contre elle de son conseil, de sa parole, de son vote, un gouvernement qu'il n'aimait pas et dont il avait blâmé l'usurpation. On avait mal reconnu sa loyauté et dédaigné ses conseils. 11 s'était séparé. De la séparation il passa à l'hostilité déclarée dans cette affaire des mariages espagnols. Méconnaissant l'intérêt national de l'acte, il ne voulut y voir qu'une spéculation inavouable de famille : les mariages avaient été la paix du monde mise en gage à Madrid pour l'éventualité d'une couronne de

438 L'BMPIRB LIBÉRAL.

plus dans la maison de Bourbon; aucune dynastie, pas même celle de Louis XIV, n'avait coûté autant à la France ^ — Que signifie cette antithèse sophistique entre la dynastie et la nation? Quand un peuple se régit en monarchie, dynastie et nation sont un, les bonnes et les mauvaises fortunes de la dynastie sont celles de la nation.

Page 1