‹ L'empire libéral; études, réits, souvenirs (volume 2)Chapitre 201 sur 240 · Discours du 4 février · texte numérisé non relu

Discours du 4 février

sait, elle a vu clairement que les avantages attachés à ce mariage n'étaient pas comparables à rinconvénient d'une perturbation européenne, et elle y a renoncé. Dès lors Guizot était inexcusable de ne s'être pas arrêté devant]les objections au mariage Montpensier; en cela il avait commis une faute insigne. »

Il y a certainement plus de patriotisme à condamner les entreprises iniques de son pays et à s'efforcer de les arrêter, qu'à les approuver ou à les seconder. Mais ce devoir de justice n'autorise pas à adopter, sans preuves irréfutables, les affirmations des ministres étrangers, encore moins à se concerter avec eux contre les ministres de son pays, même répréhensîbles, à plus forte raison contre ceux qui défendent l'honneur, l'intérêt de la France, ses constantes traditions, et que dès lors on n'atteint pas sans frapper la patrie elle-même. Certes Thiers ne voulait pas mettre aux prises l'Angleterre et la France, il n'admettait pas qu'un mariage collatéral dût devenir une cause de brouille permanente entre deux pays dont l'hostilité lui paraissait une calamité européenne ; il ne songeait qu'à renverser un rival et à aiguillonner un roi trop lent à lui confier les affaires ; et cependant, en envenimant la querelle, en appuyant sur ce qu'il appelait le mauvais procédé, il contribuait à créer l'étal de méfiance, de susceptibilité duquel à tout instant pouvait surgir la rupture qu'il considérait comme un malheur.

Quoique l'opposition d'Odilon Barrot ignorât

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