‹ L'empire libéral; études, réits, souvenirs (volume 2)Chapitre 207 sur 240 · ET D'ITALIE · texte numérisé non relu

ET D'ITALIE

§ 1 . — PERSISTANCE DE NOS SYMPATHIES POUR l'aL- LEMAGNE ET l'iTALIE : BILLAULT , LAMARTINE, VICTOR HUGO. — AUTANT DE RAISONS DE NE PAS

SE RAPPROCHER DE l'aUTRICHE. CELA n'aR-

RÊTE PAS GUIZOT.

La méconnaissance des peuples à Taffranchissement desquels nous nous consacrions, pas plus que les démarches inquiétantes ou les paroles méprisantes de leurs gouvernements ne déconcertèrent notre élan fraternel. Le jeune Italien Minghetti, qui, dès lors, nourrissait à notre égard les mauvais sentiments dont il a donné tant de preuves, ne peut se défendre de confesser, pendant un voyage à Paris, qu'au sommet de la pensée de la jeunesse française était un idéal d'humanité et de paix, de fraternité et

de désintéressement \ A la fin du gouvernement de Juillet aussi bien qu'à son début, nous ne cessâmes de le prouver par nos actes. L'octroi d'une constitution par le roi de Prusse avait rallumé dans certains esprits la crainte que le ZoUwerein avait inspirée à Mauguin, d'un acheminement à l'unité de l'Allemagne. Guizot, à l'oreille de Metternich, reprit le thème usuel sur l'indépendance des États secondaires. Avec une aimable raillerie Metternich lui répondit en l'engageant à ne pas se donner trop de mouvement parce qu'il risquerait de provoquer le mal dont il s'effrayait. Ensemble ils célébrèrent dans des dépêches destinées à rester ensevelies au fond des cartons des chancelleries, les beautés du principe fédératif, et tout fut dit. Quant à l'opposition elle en prit prétexte d'affirmer par la voix d'un de ses interprètes les plus autorisés, Billault, qu' « en face du gouvernement, en face de la majorité, proclamant, pratiquant depuis seize ans vis-à-vis de l'Allemagne la politique de la paix bienveillante, il était important que l'opposition tout entière vînt déclarer, afin que cela soit bien entendu au delà du Rhin, que tous ces bruits de guerre, d'ambition, de conquête ne sont ni dans l'esprit de la nation française, ni dans celui de ses représentants^. »

Notre débonnaireté confiante se marqua à l'endroit de l'Allemagne d'une façon plus extraor-

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