‹ L'empire libéral; études, réits, souvenirs (volume 2)Chapitre 218 sur 240 · Discours du l®"" février · texte numérisé non relu

Discours du l®"" février

et Balbo, résumée dans une formule oratoire.

Thiers reprocha encore amèrement à Guizot d'avoir coinbattu la Révolution en Suisse, sous prétexte qu'elle était aux mains des radicaux. Il souhaitait que le gouvernement de la Révolution restât dans la main des hommes modérés, mais quand il passera dans la main d'hommes moins modérés que lui et ses amis, dans la main d'hommes ardents, fussent les radicaux « je n'abandonnerai pas ma cause pour ce motif; je serai toujours du parti de la Révolution* ».

Les attaques de l'opposition étaient injustes par leur excès. Guizot eut le tort d'accoler deux traditions politiques radicalement inconciliables, d'accroître son impopularité de celle de Metternich , d'opposer un prétendu droit de l'Europe à l'indépendance suisse et d'intervenir dans le différend tout intérieur entre la Diète et le Sunderbund ; mais nulle part il ne se constituait le gendarme de l'Autriche, nulle part il ne se montrait anti-français ou contrerévolutionnaire ; nulle part il ne souffrait qu'on attentât à une liberté naissante. Si en Italie il se refusait à devenir révolutionnaire, il suivait une politique aussi libérale que cela était permis sans recourir à une intervention armée. Au delà de sa diplomatie on n'entrevoyait plus que la guçrre contre l'Autriche, assistée des puissances du Nord, la Prusse et la Russie, soutenues au moins moralement par l'Angleterre.

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