‹ L'empire libéral; études, réits, souvenirs (volume 2)Chapitre 221 sur 240 · Normanby à Palmerstorf, 13 mars · texte numérisé non relu

Normanby à Palmerstorf, 13 mars

son chemin, disait Duchâtel à Tocqueville, il en résulterait peut-être un combat dans la rue, mais ce combat est prévu depuis longtemps, et si le gouvernement était animé des mauvaises passions qu'on lui supposait, il désirerait cette lutte a^ lieu de la craindre, bien sûr qu'il était d'un triomphe \ » Le maréchal Bugeaud, dans les couloirs, répétait à qui voulait l'entendre : (( Ah I messieurs les libéraux, vous voulez engager la bataille, eh bien! commencez, et nous vous donnerons une bonne leçon ^ »

Apres les catastrophes surgissent les prophètes du lendemain qui les ont prévues. Naturellement, tout le monde a prédit la révolution de 1848. En réalité presque personne ne l'a vue venir, si ce n'est les pessimistes d'habitude auxquels l'événement finit quelquefois par donner raison. Le coup de tocsin le plus effrayant sonné alors est celui de Tocqueville s'écriant : « Est-ce que vous ne sentez pas que le sol tremble de nouveau en Europe, qu'un vent de révolution est dans l'air?... Est-ce que vous avez, à l'heure où nous sommes, la certitude d'un lendemain? La tempête est à l'horizon, elle marche sur vous, je me mettrais volontiers à genoux devant vous tant je crois le danger réel et sérieux^ » Les amis particuliers de Tocqueville lui reprochèrent d'avoir dépassé le but et d'avoir mis un peu de rhétorique dans son fait, a Vous avez réussi,

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