‹ L'empire libéral; études, réits, souvenirs (volume 2)Chapitre 223 sur 240 · Falloux, Mémoires, t. I, p · texte numérisé non relu

Falloux, Mémoires, t. I, p

sible. Avec quelques milliers d'hommes sous la main de mon ami, le maréchal Bugeaud, je répondrais de tout... Tenez, mon cher monsieur de Falloux, pardonnez-moi de vous le dire avec une franchise qui ne peut vous blesser, la Restauration n'est morte que de niaiserie, et je vous garantis que nous ne mourrons pas comme elle. La garde nationale va donner une bonne leçon à Guizot. Le roi a l'oreille fine, il entendra raison et cédera à temps*. »

Thiers ne se trompait pas. Le pays était mécontent de la politique intérieure et surtout de la politique extérieure, irrité du rapprochement tenté avec Metternich, blessé du refus de la réforme électorale et parlementaire, obsédé de l'arrogance oratoire de Guizot; il méprisait une Chambre, produit de la corruption, dans laquelle il ne se reconnaissait pas ; de récents scandales l'avaient révolté; mais converti presque en totalité à la méthode constitutionnelle, il était bien éloigné d'appeler une révolution. Je fréquentais dans ce temps-là Ledru-RoUin et ses amis : il n'est aucun d'eux par qui je n'aie maintes fois entendu répéter qu'avant la mort de Louis-Philippe, il n'y avait rien à tenter ni à espérer pour la république. Le sentiment bonapartiste, malgré son intensité dans les masses, était dépourvu des moyens de se manifester. Un souffle de brise libérale eût suffi à dissiper les vilaines brumes attristantes ^

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