‹ L'empire libéral; études, réits, souvenirs (volume 2)Chapitre 23 sur 240 · Metternich, Mémoires, ibid · texte numérisé non relu

Metternich, Mémoires, ibid

2. C'est à ces entrevues d*Erfurt que Talleyrand faisait allusion dans une lettre du 13 juin 1814 à Alexandre : « Des relations importantes vous livrèrent il y a longtemps mes secrets sentiments. »

la rendaient difficile, et, avant de regagner ses États, il écrivit de sa propre main à Tempereur d'Autriche afin de dissiper les craintes que Fentrevue avait inspirées.

Ce manège souterrain avait été dextrement conduit : Napoléon, n'en soupçonnant rien, quitta Erfurt, confiant, heureux, enivré, convaincu d'avoir définitivement subjugué Alexandre, se croyant autorisé à entrer en potentat sans rival dans son rôle de nouveau Charlemagne. , Après la chute de l'Empire, Talleyrand a souvent raconté sa machination comme l'un des plus beaux traits de sa carrière. « Vous le savez, disait-il à VitroUes, tout le monde a sauvé la France, puisqu'on la sauve trois ou quatre fois par an; mais, croyez-le bien, à Erfurt j'ai sauvé l'Europe d'un complet bouleversement ^ » Pas quier, l'ayant aussi entendu se glorifier de la sorte, trouvait le fait si révoltant « qu'il se demandait s'il ne se vantait pas d'une trahison qu'il n'avait pas commise - ».

Depuis la publication des Mémoires le doute n'est plus permis. Non content d'avouer sa trahison, il s'en targue comme d'un service rendu à l'Europe et à Napoléon lui-même ^ Qui donc l'avait chargé des intérêts de l'Europe? N'était-ce pas pour sauvegarder ceux de la France, inséparables alors, comme toujours, de la grandeur de son gouvernement, qu'il avait

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